La VT500E : la plus éloignée ancêtre de la Deauville?

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Le VT 500 E vue par Moto Journal n°616 (date de parution inconnue)

Apparue en 1983 au milieu d’une multitude de nouveautés Honda, la VT500E est la première routière à moteur V2 à 52° de la marque. Elle remplace alors la gamme des séries CX disparues quelques années plus tôt. Elle fait pourtant une entrée discrète sur notre marché et connaît un début de carrière assez timide. Et pourtant, même si son allure un peu ingrate ne le laisse pas deviner, cette moto est une moyenne cylindrée remarquable à bien des égards.

La Honda VT500E aux côtés d'une autre moto de l'époque

La VT500E et sa contemporaine — cliquer pour agrandir

Très conventionnelle au niveau de la partie cycle (suspension arrière avec de classiques combinés, fourche dépourvue de réglages, frein à tambour arrière), la VT retient l’attention par son moteur. Bien que destiné à des modèles plutôt paisibles, il est doté de tous les ingrédients et raffinements des mécaniques poussées :

  • Cotes super carrées
  • Taux de compression élevé
  • Trois soupapes par cylindre
  • Culasse double allumage
  • Pistons forgés

Il fournit 50 ch à 8 500 tr/min pour un couple maxi de 4,8 mkg à 7 000 tr/min. La boîte de vitesses comporte 6 rapports et la transmission secondaire s’effectue par arbre et cardan.

Basse de selle et bien équilibrée, la VT fait partie de ces machines que l’on aborde sans la moindre appréhension. Elle se révèle légère et maniable à basse vitesse, deux atouts qui, associés à sa remarquable étroitesse d’ensemble, en font une moto très à l’aise en ville.

Un moteur remarquable

L’autre gros point fort de cette VT réside assurément dans son moteur. Souple, facile à utiliser, le V-twin commence à délivrer un bon couple dès 2 000 tr/min et pousse déjà très bien dans la zone des 5-6 000 tr/min — idéal pour la balade tranquille ou dans la circulation urbaine. Surtout que cette bonhomie à bas et moyens régimes se double d’une certaine vigueur au-delà.

En effet, poussée dans les tours, la VT500 a de la pèche et se montre capable de propulser la machine à 180 km/h en pointe. Mais plus intéressant encore, le couple bien réparti sur toute la plage de puissance permet de tenir des vitesses de croisière de l’ordre des 150 km/h, quelles que soient les conditions de route, vent, bagages ou passager.

La consommation demeure toujours dans des limites très raisonnables, de l’ordre des 5,5 L/100 km sur route, ce qui garantit une autonomie maximum d’environ 300 km, réserve comprise.

La Honda VT500E chargée pour un grand voyage dans le désert

La VT500E en grand voyage — cliquer pour agrandir

Une vraie grande routière

Les qualités de ce moteur, associées à celles de la partie cycle (confort étonnant, bonnes suspensions, freinage efficace, tenue de route très sûre), font de la VT500E une véritable grande routière très agréable et reposante sur longs trajets, qui arrive même à être amusante à manier sur petites routes sinueuses.

Machine simple et homogène dotée d’une mécanique conciliant performances et agrément d’emploi, la Honda VT500E se révèle extrêmement attachante à l’usage.

Nous avons aimé Nous avons regretté
✔ Le moteur agréable et performant ✘ La boîte parfois peu précise
✔ Les qualités routières ✘ L’esthétique « mobylette » et le dessin des liserets
✔ Sa personnalité  

400 Mda : 13 secondes 5


Note personnelle — comparatif avec la NTV qui lui succède

Voilà donc un article d’époque auquel il faut relativiser avec sa date de sortie estimée à 1985, notamment au sujet des qualités du freinage et de la partie cycle d’un autre âge.

La VT500E disparaît du catalogue début 1989 pour laisser place à sa remplaçante, la NTV. Six ans de bons et loyaux services pour environ 25 000 F à l’époque. On en trouve encore beaucoup d’occasion car cette moto a été très largement diffusée — principalement chez nos voisins allemands qui en sont friands, et pour cause : performances, solidité et cardan obligent !

Sa cote d’occasion en 2007 était d’environ 1 000 € pour environ 50 000 km, ce qui permettait d’en dénicher une comme deuxième moto à moindre frais. Même 20 ans après, c’était encore une valeur sûre.

Connaissant les deux modèles et leur usage, je dois noter qu’une fois de plus Honda supprime un modèle abouti pour n’en faire qu’une pâle copie. Je veux faire allusion à la PC800 par rapport à la Deauville, mais aussi à la VT750C par rapport aux Shadows.

Pour moi, la NTV n’est donc pas une digne héritière de la VT500E pour plusieurs détails :

  • Adieu les chromes
  • Adieu la mise en valeur du moteur — remplacée par un cadre périmétrique très laid qui masque le tout
  • Adieu le brio du moteur sur toute sa plage d’utilisation
  • Adieu le 6e rapport

Ce que je lui accorde : son meilleur freinage et la rigidité de son cadre.

Pour certains détails techniques comme son entretien ou son achat d’occasion, se reporter à la discussion épinglée dans le forum, rubrique « VT500 et autres motos de la famille ».

Auteur : V2 Honda

Date de création 23/12/2007

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