Littérature motarde

Demi-Tour
Messages : 0
Inscription : 17 août 2008, 22:00
Contact :

Littérature motarde

Message par Demi-Tour »

à tous...

Bon, j'avoue, il y a lonnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnngtemps que je ne suis pas venu sur le forum...
Milles excuses mais des problèmes de santé me tiennent éloigné de la selle de ma monture depuis début 2009 (à peine 1500 kms parcourus depuis alors qu'en moyenne je tournai à 15000 par an.
J'avais également envisagé de m'acheter une Deauville 700, Mais c'est la aussi tombé à l'eau...
Peut-être qu'un jour, qui sait...

Bref, ces périodes de repos (plus d'un an d'arrêt maladie cumulé) m'ont permis d'écrire un recueil de nouvelles "motardes".
Qu'est-ce donc, allez-vous me demander.
Eh bien il s'agit simplement de textes ayant un rapport avec la moto, que ce soit par les personnages, les lieux, les situations, etc.

Les éditeurs étant très frileux pour ce genre de textes (à savoir ce qui concerne la moto), j'ai dû me rabattre sur l'auto-édition.
Je souhaitais donc vous poser une question: êtes-vous intéressés par ce genre de littérature?

Je peux vous poster des extraits de mes nouvelles pour que vous vous fassiez une idée de ce que cela peut donner si vous le souhaiter.
Pour ce qui est de mettre un lien vers mon recueil (ou vers le site qui le propose à la vente,ce qui revient au même), je préfère attendre l'autorisation (ou l'interdiction) des modérateurs du forum afin de ne pas créer de malentendus.

Voilà...

Merci pour vos réponses.
David, 52 ans, Always on the road...
Avatar de l’utilisateur
Lulu23
Messages : 0
Inscription : 26 juil. 2010, 22:00
Contact :

Re: Littérature motarde

Message par Lulu23 »

Avec plaisir :coucou:
Lucien Et Odile, 71 ans, deauv 650, BMW 1150RT, puis 1200RT
Avatar de l’utilisateur
Michel_95
Messages : 0
Inscription : 28 mars 2005, 22:00
Contact :

Re: Littérature motarde

Message par Michel_95 »

Pour l'autorisation du lien commercial, adresses toi à Jean-Christophe, lui seul est habilité à prendre ce genre de décision.
Michel, 57 ans, ex NTV 1993, 150 000 km; ER6F 2012, 30 000 km.
Avatar de l’utilisateur
Jean-marie50
Messages : 131
Inscription : 09 sept. 2006, 22:00
Contact :

Re: Littérature motarde

Message par Jean-marie50 »

Allez,un p'tit textrait qu'on voye si ça nous cause...
Jean-marie, 72 ans, honda nt 1100 2022
Demi-Tour
Messages : 0
Inscription : 17 août 2008, 22:00
Contact :

Re: Littérature motarde

Message par Demi-Tour »

Bon alors un extrait:

Titre: Maurice

Assis derrière la vieille table de la cuisine, Maurice regarde la bouteille de vodka posée en plein milieu. Ses yeux rougis par l'alcool l'observent sans vraiment la voir. Tout ce qu'ils constatent est qu'elle est presque vide. Encore deux verres et elle ira rejoindre les autres dans la poubelle de la cour.
D'un geste machinal, il lève sa casquette de base-ball pour lisser les rares cheveux qu'il lui reste sur la tête. Plus d'une fois il a eu envie de se faire une boule à zéro pour ne plus les voir rebiquer quand il se fait face chaque matin dans le miroir piqué de la salle de bain. Mais à quoi bon s'en donner la peine alors qu'il ne se rase déjà que lorsque les poils de ses joues irritent sa peau à force de frotter contre le col de ses vêtements?
Il regarde sa montre. Encore une petite demi-heure à attendre.
Dehors, il fait certainement nuit noire. Pure supposition vue l'heure. Les volets sont fermés et ne laissent rien filtrer. Dans des moments comme celui-ci, il a besoin d'être seul, de se sentir coupé du monde. De toute façon, il l'est depuis longtemps déjà. L'alcool est une aide formidable pour cela, une vraie amie sur laquelle on peut compter les yeux fermés. Non seulement elle vous isole mais en plus anesthésie vos souvenirs pour mieux les faire disparaître sous une épaisse couche de peinture poisseuse.
Depuis deux ans qu'il est à la retraite, il sombre. Enfin, un peu plus qu'avant. Le travail lui a toujours permis de garder la tête hors de l'eau. Quelle ironie. Désormais, il se sent comme un objet qui s'imbibe tout doucement et commence à s'enfoncer, résigné dans le fait qu'il n'y peut rien. Et que de toute façon il ne veut rien y faire.
L'assise de la chaise gémit quand il se penche pour attraper une assiette de charcuterie sur l'égouttoir de l'évier. Il grignote les tranches de saucisson plus qu'il ne les mange en les accompagnant d'un morceau de pain de la veille. Son estomac proteste à coups de brûlures. Maurice se contente de lâcher un rot comme pour les évacuer.
Nouveau coup d'œil à sa montre. A peine dix minutes se sont écoulées. Peu importe. Il chasse les miettes de sur sa bedaine, pose l'assiette et le verre dans l'évier avant d'aller jusqu'au garage.
La nuit est bel et bien tombée. Les étoiles brillent, les grillons stridulent. De l'autre côté de la rue, une chauve-souris passe et repasse sans relâche dans la lumière d'un vieux lampadaire.
Il traverse la cour encombrée de mauvaises herbes. Malgré ce qu'il a ingurgité, sa démarche est sûre. Question d'habitude. Le gravier crisse sous la semelle de ses bottes en caoutchouc coupées à hauteur de la cheville. Les ampoules nues qui pendouillent des petites appliques rouillées jettent un halo blafard.
En fait de garage, il s'agit plus d'un abri en planches branlant. Maurice l'a fabriqué de ses mains presque trente ans plus tôt, alors que lui et Lucie venaient juste de s'installer dans ce petit village. C'était son atelier, son petit jardin secret. Un espace rien qu'à lui, dédié à sa passion du bricolage et de la mécanique. Une époque où ses mains ne tremblaient pas encore à cause du manque d'alcool.
La vodka a été un aller-simple pour sa déchéance. Elle lui a tendu un bras amical et réconfortant pour mieux l'accaparer et l'isoler. La seule vie sociale qu'il a désormais est de passer pour le pilier de bar du village et d'être l'inépuisable sujet des ragots que se murmurent les commères lorsqu'il traverse la place. Elles ne comprennent pas comment un homme peut descendre aussi bas. Elles sont d'accord pour expliquer à qui veut l'entendre qu'elles auraient agi autrement, que lorsqu' on perd l'être aimé à son âge, il faut relever la tête, faire face et se construire une nouvelle vie. Surtout quand on a un enfant. Si c'est pas triste de voir un si bel homme avec une telle situation se laisser aller. A quarante ans, la vie ne fait que commencer. C'est ce qu'elles disent, et ce qu'elles auraient fait, elles le savent.
Maurice, lui, n'a pas survécu. Il s'est échoué quand Lucie s'en est allée.
Quant à leur fils, il est parti vivre aux États-Unis dès que ses économies le lui ont permis. Les coups de téléphone qu'ils ont échangés au début étaient trop rares pour durer. Un des deux a oublié l'anniversaire de l'autre et tout a été fini. C'est de là-bas qu'il a envoyé à son père une casquette, celle que Maurice porte ce soir, en guise de cadeau de Noël il y a déjà quelques années alors qu’ils ne se parlaient déjà plus.
Lucie, elle, n'est plus tout court. Disparue de la surface de cette planète. Quand après avoir bradé sa grosse berline allemande Maurice a dû se résoudre à vendre le petit coupé sport qu'il lui avait acheté pour leur premier anniversaire de mariage, il a eu l'étrange impression qu'on lui arrachait toute une partie du corps à vif. Mais il n'avait pas le choix. C'était cela ou revendre la maison alors qu'il ne lui restait plus que quelques traites à payer. Alors pour oublier la douleur, il s'est saoulé au point de complètement noyer toute cette semaine de sa vie dans un épais brouillard.

La porte grince alors qu'il l'ouvre. Il la secoue un peu d'avant en arrière pour casser l'amas de mauvaises herbes et de gazon trop haut qui la gêne avant de la bloquer avec un morceau de tôle qui traîne le long du mur. Sa main cherche l'interrupteur à tâtons.
Vingt ans de déchets d'une vie qui n'en est plus une apparaissent à la lumière vacillante du néon. Tout a été entassé pêle-mêle au fur et à mesure que ça a perdu de son utilité. Le genre de trucs qu'on pose en se disant qu'on ira les jeter la semaine prochaine à la déchèterie. Vieilles planches, pots de peinture entamés, vélo d'enfant, ordinateur obsolète, outils rouillés, couronne de cuivre, tondeuse à gazon. Le sol et les étagères en sont couverts. Le gris de la poussière a tout uniformisé.
Au centre trône un imposant objet sous une bâche. Maurice s'avance et la tire avant de la replier tant bien que mal et de la jeter dans un coin. Puis sa main gauche se pose sur le guidon de la moto alors que la droite fouraille dans la poche de son pantalon à la recherche des clefs.
Le porte-clefs en forme d'aigle renvoie la faible lueur du néon lorsqu'il met le contact. Le bicylindre s'ébroue difficilement, tousse comme s'il allait s'étouffer. Maurice tire sur le starter et le régime devient plus régulier. Au bout de quelques secondes le moteur ronronne. Amplifié par l'étroitesse du garage, le bruit des pots se fait plus grave. Un glas pris de frénésie.
Maurice balaie du pied les boulons et autres objets qui jonchent le sol jusqu'à la porte, puis il s'assoit sur la moto. D'un geste sûr mais prudent, il la fait sortir en marche arrière. La petite bosse entre la dalle et l'extérieur passe inaperçue tant les suspensions et la large selle sont moelleuses. Il finit par la béquiller au milieu de la cour.
Starter coupé, le moteur se calme un peu. Maurice s'écarte pour la regarder. Il lui a fallu plusieurs années pour la retaper. Il a même dû marchander certaines pièces auprès des collectionneurs mais il y est finalement arrivé.
Parce qu'il s'agit d'un ancien custom et que l'emblème du réservoir représente un aigle stylisé, beaucoup pensent voir une Harley. Une bande d'ignares. Et quand il leur explique que c'est une Italienne, ils se marrent, comme si personne d'autres que les Américains ne sait fabriquer ce genre de moto ou n'en est digne. Qu'ils aillent se faire foutre.
Il rentre dans la maison pour se changer. Ses habits l'attendent, proprement posés sur le canapé au cuir élimé du salon. Vingt ans qu'il attend cet instant. Vingt ans qu'il le répète tel un acteur étudiant une pièce de théâtre. Vingt ans qu'il n'a pas enfilé ce blouson et ce casque. Le moment est enfin arrivé.
Ce soir, il a rendez-vous avec son passé. Avec lui-même, avec l'histoire de sa vie. Il ne pense pas à son futur: il n'en a pas. Il n'en a plus depuis le départ de Lucie.
Oui, vingt ans qu'il attend. Il a maintes fois essayé de se mentir en se disant que tout ça n'en vaut pas la peine, mais il faut qu'il le fasse. Pour lui, pour elle. Pour les autres surtout. Il doit mettre un terme à tout ça. C'est allé trop loin.
Ses doigts tremblent d'émotion alors qu'il essaie de remonter la fermeture Éclair du blouson. Il lui faut plusieurs secondes pour comprendre que ses mains ne sont pas la cause de sa maladresse. Il a forci. Son bide s'est distendu comme une outre. Peut-être bien la cirrhose après tout. Voilà qui expliquerait sa perte d'appétit et les mouvements de yoyo de sa tension, sans compter la mine sévère que prend son médecin quand il lui palpe le foie.
Peu importe, la journée a été chaude et la nuit s'annonce douce. Il roulera blouson ouvert.
Le tiroir du buffet est posé sur la table du salon. Maurice écarte les bibelots à moitié cassés qui l'encombrent pour en sortir une vieille boîte à sucres en fer blanc. Il l'ouvre.
Le pistolet est posé sur un écrin en mousse qu'il a fabriqué en découpant l'intérieur d'un vieux matelas. Il a acheté cette arme dans le parking souterrain d'une tour de banlieue à deux gosses tout juste majeurs quand Lucie est partie. Elle est son salut, le Saint Graal qui le libèrera. Il l'espère.




David, 52 ans, Always on the road...
Demi-Tour
Messages : 0
Inscription : 17 août 2008, 22:00
Contact :

Re: Littérature motarde

Message par Demi-Tour »

Extrait d'une autre (en fait, il s'agit des débuts):
Titre: Rebel(les)

A l'écart du reste de son groupe d'étudiants, Quentin arpente la grande salle du musée. Il déambule sans but précis, s'arrêtant parfois devant les clichés vieillis artificiellement qui recouvrent les murs. Ils représentent la conquête spatiale depuis ses balbutiements au milieu du siècle dernier jusqu'aux avancées les plus récentes..
Quentin ne comprend pas vraiment pourquoi cette visite au musée figure à leur programme depuis l'année dernière. Quelle importance peut bien avoir l'aérospatiale pour des étudiants en commerce international?
Leur professeur, un grand homme sec à l'allure guindée a tenu à ce que son groupe arrive en avance pour être le premier à entrer dans l'immense amphithéâtre. Il veut que ses élèves se placent aux premiers rangs, non pas pour qu'ils suivent plus assidûment la représentation et les discours mais pour garder un œil sur eux. Par expérience, il sait que rien n'est plus propice aux enfantillages dont sont capables des étudiants d'une vingtaine d'années que les rangs reculés et les nombreuses zones d'ombre qu'ils offrent.
D'abord disciplinés, les étudiants n'ont pas tardé à parler de plus en plus fort puis à s'agiter. Malgré son autorité et de nombreux rappels à l'ordre, le professeur a fini par leur concéder un peu d'espace en leur autorisant à se déplacer à condition de rester à portée de vue et surtout de voix.
Quentin marche donc seul dans la grande salle. Il a de nombreux amis mais dans un lieu comme celui-ci, il ressent un étrange besoin de solitude, comme pour mieux s'imprégner de l'atmosphère. Aussi loin qu'il s'en souvienne, églises, monuments de commémoration et autres bâtiments empreints d'histoire ont toujours eu cet effet sur lui.
Ses pas l'ont guidé devant ce qui semble être un petit couloir à la lumière tamisée qui donne sur une baie vitrée éclairée de l'extérieur. Intrigué, il s'avance tel un enfant qui découvre l'entrée d'une grotte lors d'une promenade en forêt et qui ressent le besoin d'aller voir ce que l'obscurité lui cache. Il se retrouve devant la grande vitre. La lumière ne provient pas de l'extérieur mais de petits projecteurs fixés au plafond. Ils éclairent quatre machines exposées dans une alcôve d'une quarantaine de mètres-carrés.
Bien malgré lui, Quentin constate que sa curiosité piquée au vif agit comme un aimant sur ses camarades. Ils le rejoignent tous petit à petit, contraignant leur professeur à intervenir. Il se fraye un chemin dans le groupe en jouant des épaules.
« Que se passe-t-il donc ici, Quentin? fait-il, visiblement importuné.
- Ces engins monsieur, ces…»
L'étudiant se penche sur le petit présentoir en plexiglas pour mieux lire et ajoute:
« Ces motocyclettes?
- Eh bien, comme vous venez de le dire, ce sont des motocyclettes. Rien de bien intéressant et en tout cas rien de ce qui doit nous intéresser aujourd’hui !»
Le ton n'a rien de celui du professeur grondant ses élèves mais plutôt celui de l'enseignant lassé de devoir répéter sans cesse la même phrase. Quentin se sent rougir. Élève assidu, il n'est pas habitué à se faire rappeler à l'ordre.
D'un signe de la main, le professeur ordonne au groupe de retourner dans la grande salle. Ils obéissent en maugréant, certains en chahutant ou traînant exagérément le pas, puis Quentin se retrouve seul. Il reporte son attention sur l'alcôve et les machines.
Placées de biais pour être mieux vues, elles sont béquillées sur le côté. Un semblant de décor champêtre est reproduit tout autour: fausse herbe à l’arrière et goudron synthétique sans doute censé représenter une route d'époque.
Quentin s’approche un peu plus. Il est tellement près que son haleine fait une auréole de buée sur la vitre. Ses yeux parcourent les modèles un à un, s’attardant aussi bien sur leur esthétique, leur mécanique que sur leur apparente fragilité. Elles sont toutes différentes, ayant chacune un style propre, et pourtant il a un étrange sentiment en les regardant. Il ne peut le décrire à cet instant car tout est encore confus. C’est un mélange de peur et d’excitation. De curiosité aussi.
Un petite plaque à leds est placée au pied de chaque moto et de gauche à droite, Quentin peut lire « Harley Davidson Fat Boy - Custom », « Triumph Speed Triple - Roadster », « Suzuki GSXR - Sportive » et pour finir « BMW K1200LT - Routière GT ».
Sur un écran tactile, un texte agrémenté de deux photos donne des explications.
« Les motocyclettes, appelées couramment motos, ont vu le jour au tout début du 20ème siècle avant de connaître leur heure de gloire des années 1950 jusqu'aux premières décennies du siècle actuel.
Afin de prévenir la pénurie de carburant fossile et surtout grâce à la Loi de Protection de la Vie, leur retrait pur et simple des chaînes de fabrication puis de la vente fut voté. Les derniers modèles, jalousement gardés par des collectionneurs, durent être mis hors service.
Sont ici présentés quatre modèles différents reprenant les grandes tendances du marché du début de notre siècle.
Il est utile de noter que ces véritables engins de mort sont responsables du décès de nombreux motards (conducteur de motocyclette) lors d'accidents très violents.
Très instables et bruyantes, n'offrant aucune protection et dotées de mécaniques totalement disproportionnées, on ne peut que se demander comment de telles aberrations ont pu être un jour construites dans le but de transporter des personnes ailleurs que sur circuit.
La France fut un pays précurseur en matière de réglementation puisque dès 1986 elle vota une loi interdisant à la vente sur son territoire les motocyclettes dotées d'un moteur de plus de 106cv. Il est aussi utile de souligner que malgré la pression des lobbies motocyclistes et de l'Union Européenne, cette loi a été abolie puis remise en place de nombreuses fois avant les d'être promue au rang mondial par l'ONU. La conséquence fut l'interdiction totale de la circulation de tous les deux-roues motorisés (nb: motocyclette, scooter, cyclomoteur et vélomoteur).
De même, les bicyclettes, moyen de transport dont l'utilisation explosa littéralement dans les métropoles occidentales dès le début des années 2000, furent jugées dangereuses et c'est peu de temps après qu'une troisième roue permettant une plus grande stabilité et la position allongée sur le dos pour le cycliste devint obligatoire. A noter que cette position permettait une fatigue moindre, que ce soit au niveau de l'effort à fournir que des contraintes corporelles. De plus, cela a rendu possible l'ajout d'éléments de sécurité comme un carénage ou de moteurs électriques performants. »
Quentin porte à nouveau son regard sur les motos. Il en a déjà entendu parler et a certainement lu quelques articles dans la presse historique ou scientifique. Ses souvenirs ne sont pas très précis mais il en a la certitude. Par contre, c'est la première fois qu'il en voit pour de vrai.
Il ne saurait dire s'il les trouve belles ou non. Elles ont une esthétique rétro, presque kitsch et dégagent cependant une impression de puissance tranquille. Si elles étaient humaines, le premier mot qui lui viendrait à l'esprit serait charisme. Mais voilà, elles ne le sont pas. Il s'agit d'un mélange de divers métaux, cuirs et plastiques assemblés autour d'une mécanique brutale et terriblement primaire. Elles appartiennent au passé, à une époque révolue. Et pourtant Quentin reste collé à cette vitre.
Il pianote sur l'écran, s'attendant à accéder à un menu interactif. Il insiste un peu car rien ne se produit.
Une main posée sans ménagement sur son épaule le tire de ses pensées. Il sent son visage s'empourprer en entendant la voix de son professeur.
«Vous traînez, Quentin! Les autres vous attendent, dépêchez-vous où nous allons rater la reconstitution du premier pas sur Mars! »
Quentin s'excuse maladroitement et obéit. Il ne peut cependant pas s'empêcher de se retourner à plusieurs reprises alors qu'il se dirige vers le fond de la grande salle. Même après la fermeture des portes de l'amphithéâtre, son attention est toujours attirée par cette alcôve.
David, 52 ans, Always on the road...
Demi-Tour
Messages : 0
Inscription : 17 août 2008, 22:00
Contact :

Re: Littérature motarde

Message par Demi-Tour »

Dernier extrait:

Titre de la nouvelle: prédation (elle se passe à Lyon):

J'ai tué mon premier homme cela fait... pff, bien longtemps. En fait non, pas tant que ça, puisque cela remonte à seulement quelques mois. Mais vous savez comme le temps peut se montrer élastique selon les circonstances. Il n'y a qu'à demander à un lycéen qui attend fébrilement les résultats du bac et à un homme qui sait qu'il va mourir dans quelques minutes. Le premier trouve chaque seconde d'une longueur insoutenable; le second, lui, les voit défiler à la même vitesse et aussi inexorablement que des grains de sable glissant entre ses doigts. Eh bien c'est un peu de cela dont je veux parler, cette notion du temps en fonction des circonstances.
Mon premier homme donc, je l'ai tué il y a presque huit mois. A l'échelle d'une vie, cela ne représente vraiment pas grand-chose, même pas le temps pour une femme d'avoir un enfant ou, du temps où cela existait encore, de faire son service militaire. Pourtant que de changements en moi depuis, tant que je ne m'y retrouve pas. Comment suis-je passé du citoyen modèle qui recycle ses déchets et paie ses impôts avec la régularité d'un élève appliqué à celui de tueur en série?
Lors de mon procès, je pense que les psys vont tenter d'expliquer qu'il a fallu un facteur déclenchant pour ouvrir la boîte de Pandore. A chaque consultation, ils me regardent froidement, non pas à cause de cette espèce de monstre que j'incarne mais tout simplement parce que je ne suis qu'un parmi tant d'autres. Remarquez, je n'ai jamais fait cela pour être une star ou attirer l'attention sur moi. Là-dessus les psys sont d'accord. D'après ce qu'ils disent, j'ai fait un rejet. Celle que j'aimais m'a plaqué et ma colère a dû s'exprimer, s'extérioriser, d'une manière d'autant plus violente que j'étais psychologiquement instable à ce moment-là. Je me suis donc mis à tuer car je ne pouvais m'en prendre ni à moi-même ni à elle.
Elle, c'est Mathilde. On habitait la même rue et on se croisait parfois les dimanches matins à la boulangerie. J'avais remarqué qu'elle devait être célibataire vu qu'elle n'achetait qu'un seul croissant et une seule tartelette au citron. C'était son rituel, une habitude qui lui apportait confort et sécurité. C'est en tout cas ce qu'elle m'a expliqué par la suite quand nous avons commencé à nous fréquenter.
Elle arrivait de son petit village natal de l'arrière-pays niçois et une grande ville comme Lyon lui donnait le cafard. Le froid glacial de l'hiver, la chaleur parfois étouffante de l'été, le bruit des voitures, les gens qui courbent la tête pour ne pas vous voir, le brouhaha de la foule dans les grandes surfaces, la pollution, tout cela lui minait le moral. Son croissant et sa tartelette lui rappelaient certaines heures agréables de son enfance pas si éloignée. Elle récréait dans son petit appartement un coin à elle pour garder pied et ne pas s'enfermer le nez dans le guidon comme elle disait. Et elle sentait bon, Mathilde.
Par son accent d'abord, si chantant dans son visage si joyeux. Dès qu'elle parlait, on se retrouvait au milieu de la pinède, enivré de romarin et du chant des cigales. Physiquement ensuite, car il émanait d'elle une douce odeur de thym et surtout de lavande. J'ai compris pourquoi quand, après qu'elle ait emménagé chez moi, j'ai retrouvé un sachet en tissu d'herbes provençales glissé sur une étagère de mon armoire. Cette habitude lui venait de sa grand-mère. Un vrai petit cliché cette fille. Elle composait également des pots-pourris avec des fleurs achetées à la boutique juste au pied de mon immeuble. Elle en a embaumé ma vie. Un rayon de soleil dans le gris des rues de Lyon.
Je l'ai aimée comme aucune autre auparavant.
On a donc fait connaissance par hasard, au fil du temps serais-je tenté de dire. J'étais une des rares personnes à lui dire bonjour, ce qui a sans doute facilité les choses. Elle avait vingt-trois ans, moi quatre de plus. On s'est tout de suite très bien entendu mais comme elle sortait d'une histoire houleuse avec un petit ami qui l'avait trompée, elle a préféré attendre plusieurs mois avant de venir vivre avec moi, dans mon appartement.
Cela n'a pas grand-chose à voir dans mon histoire mais j'ai toujours été sidéré de voir des gars cocufier leur copine ou leur femme quand celle-ci leur apporte tout. En fait, je n'ai jamais vraiment compris comment on peut tromper une personne à qui on fait l'amour et envers qui on s'est engagé.
En l'occurrence, Mathilde me comblait en tout point, que ce soit au lit ou dans la vie. Elle était d'une beauté à couper le souffle, la peau de son visage satinée par le soleil de son enfance faisant ressortir ses grands yeux couleur d'océan.
Je lui ai souvent dit que je la trouvais incroyablement belle, ce à quoi elle m'a presque toujours répondu en rigolant que l'amour rend aveugle. Pourtant, elle était vraiment belle. Je veux dire par là qu'elle ne laissait pas les hommes indifférents quand elle entrait quelque part, et je suis sûr que plus d'un s'est retourné sur son passage en se mordillant les lèvres à l'idée de se retrouver dans son lit.
De mon côté, je n'ai jamais eu de relations sérieuses avant celle-ci. La plus longue a duré un peu plus d'un an mais à l'époque, trop occupé par ma carrière professionnelle naissante, je n'avais ni le temps ni l'envie de m'impliquer. C'est d'ailleurs ce que m'ont toujours reproché mes compagnes successives. Je me répétais alors que j'étais jeune et que le temps viendrait où, enfin posé, j'éprouverais le besoin de fonder un foyer. Cela a plus ou moins correspondu avec notre rencontre.
Autant vous le dire tout de suite, je n'ai pas un emploi de cadre ou de directeur; je ne suis pas non plus simple employé. Je bosse dans la filiale obscure d'une grande multinationale. En fait de carrière, j'ai surtout cherché une situation stable avec un salaire convenable, c'est-à-dire un salaire permettant d'aller au restaurant quand l'envie me prend ou de partir en vacances sans avoir l'impression de me saigner aux quatre veines. C'est grâce à cela que j'ai pu acheter un appartement, une belle berline et ma moto.
Quand Mathilde s'est installée chez moi, nous avons dû nous adapter l'un à l'autre car malgré nos âges relativement jeunes, nous avions déjà chacun nos habitudes bien affirmées. Mais tout est très vite rentré dans l'ordre. Je n'avais plus ce désir de m'établir professionnellement et, au contraire, un terrible besoin de m'occuper d'elle, de la satisfaire, de l'entendre rire lors de nos promenades sur les quais du Rhône ou de voir son visage serein sur l'oreiller quand je me tournais en pleine nuit.
De son côté, je sais qu'elle a énormément pris sur elle les premiers temps pour me faire confiance et s'investir dans notre couple. Elle avait peur de n'être qu'un trophée et que notre relation soit uniquement basée sur le sexe.
Je peux vous l'avouer, c'est avant tout son physique qui a attiré mon attention. Je ne dis pas que je n'aurais pas pu tomber amoureux d'une fille avec moins de charme ou un corps moins parfait. D'ailleurs, certaines de mes compagnes précédentes étaient bien loin des standards de la beauté et cela n'a jamais été cause de rupture. Quand j'aime, c'est entièrement; c'est la personne en elle-même et non pas ses attributs qui me font chavirer le cœur.
Mathilde, je l'avais donc remarquée comme tout homme, je pense, remarque une jolie fille qu'il croise régulièrement sans pour autant la convoiter. Ce qui a tout déclenché, c'est le sourire timide qu'elle m'a adressé un jour où je lui ai tenu la porte de la boulangerie. Je lui ai répondu d'un sourire également et j'ai vu le sien s'agrandir. Nos yeux se sont croisé une fraction de seconde. Elle a rougi. J'ai compris que je venais de tomber amoureux. Par la suite, elle m'a dit qu'elle ne savait pas pourquoi elle s'était sentie troublée à ce point ce jour-là. Cupidon voletait sûrement autour de nous et avait décoché une de ses flèches. C'était l'explication de Mathilde, et je l'ai crue. Avec elle, tout était simple et j'ai enfin compris ce que le mot bonheur signifiait.
Je me rends compte que je parle d'elle au passé. Pourtant, elle est toujours vivante. Elle continue certainement d'acheter son croissant et sa tartelette au citron chaque dimanche. Elle est tout d'abord retournée chez ses parents, puis elle s'est trouvé un studio en location du côté de Fréjus où je crois qu'elle loge désormais.
Depuis que je suis enfermé ici, je n'ai plus aucune nouvelle d'elle et mon avocat refuse de m'en communiquer, se contentant de me dire qu'elle essaye de se remettre tout doucement de ce qu'elle a vécu. Je reconnais que, bien involontairement, je lui en ai fait baver.
Nous étions encore ensemble lorsque j'ai tué pour la première fois. Elle s'est accrochée à moi pendant encore sept ou huit semaines après ce meurtre, puis elle a décidé de partir. Elle était consciente du fait que j'avais alors terriblement besoin d'elle, mais elle n'arrivait plus à assurer comme elle disait. Elle me répétait sans cesse que j'avais changé, que je n'étais plus celui qu'elle avait rencontré trois ans auparavant. Elle se rendait compte de sa lâcheté mais elle a préféré s'éloigner pour son propre équilibre.
Comme je vous l'ai dit, les psys affirment que c'est cette rupture qui est à l'origine de tout, ce qui a tout fait basculé. J'en aurais voulu à Mathilde de m'abandonner dans un moment comme celui-là, alors je me suis mis à tuer. Dans quels buts? Compenser son absence, me punir, faire à d'autres ce que je ne pouvais me faire à moi-même. Ce que je ne leur ai pas dit, c'est que j'ai éprouvé du plaisir à tuer dès la première fois, alors que j'étais encore avec elle. Cette rupture, loin d'être une blessure, a plutôt été une délivrance.
Quelque part, les psys ont raison: son départ est bien ce qui a tout déclenché et j'ai toujours eu ces pulsions meurtrières en moi. Là où ils se trompent c'est que ce n'est pas ça qui est à l'origine de mes meurtres. Au contraire, ma relation avec Mathilde a plutôt agi comme un garde-fou, m'empêchant de sortir de ma route alors qu'inconsciemment je ne devais déjà plus rien contrôlé. Son départ m'a attristé, terrassé, mais en même temps j'ai vu une grande porte s'ouvrir devant moi pour me donner accès à ce que je suis vraiment.
J'allais vivre ma vraie vie et les autres allaient mourir.
Mathilde m'a donc soutenu pendant plusieurs semaines après mon premier meurtre. Je dis meurtre car je l'ai ressenti comme cela, même s'il s'agissait alors de légitime défense d'après la police. Je me suis fait agressé, je me suis défendu, et celui qui plaquait un couteau contre ma gorge est mort. Scénario des plus classiques. Mais n'allez pas imaginer qu'il est tombé sur son couteau. Non, loin de là. Il est mort la tête écrasée par une voiture.
C'est arrivé au printemps, un jeudi en début de soirée. Après le travail, j'étais passé chez mon garagiste pour récupérer ma moto. Les deux pneus étaient neufs et, sachant que Mathilde rentrerait tard ce soir-là, j'ai décidé de les rôder pour leur ôter cette couche de paraffine dont les enveloppe les constructeurs. Je suis allé faire un tour dans les Monts-du-Lyonnais. Au bout d'une heure à peine, je suis rentré sur Lyon. Il n'était pas vraiment tard mais en ce début avril, la nuit tombe encore tôt.
L'agression a eu lieu boulevard de la Bataille de Stalingrad, pour ainsi dire désert à cet endroit et à cette heure-ci.
J'étais arrêté sur la voie de gauche au feu rouge car je tournais quand j'ai vu un piéton traverser devant moi. Je n'y ai pas prêté attention au début, mais il me semble bien qu'il est sorti de derrière une de ces files de voitures garées le long du mur de la voie ferrée. J'aurai dû me méfier. Le gars arrivait trop vite. Et directement sur moi. Il a rejeté la capuche de sa veste en arrière quand il m'a agrippé et que la lame de son couteau est venue se plaquer contre ma gorge. Je ressens encore le froid de l'acier se glisser entre le col de mon blouson et la mentonnière du casque. J'ai eu peur, très peur. Je crois même que je me suis pissé dessus, je ne m'en rappelle plus. Par contre, je revois parfaitement le visage du gars. Je l'ai su plus tard, mais il n'avait que vingt-deux ans. A cause de son rictus de haine et sa barbe de plusieurs jours, je lui en ai donné dix de plus. De toute façon, cela n'aurait rien changé.
« Ta bécane! a-t-il craché. Descends de ta putain de bécane ou je te plante! Dégage! »
Il commençait à me secouer et je crois bien que si je n'avais pas eu la jugulaire du casque, la lame m'aurait largement entaillé la peau. J'ai d'ailleurs eu une légère coupure, mais sur le coup je ne m'en suis pas rendu compte. J'étais tétanisé.
On voulait me voler ma moto.
Ma moto.
C'est alors que j'ai entendu un moteur de voiture rugir derrière moi et se rapprocher. Par pur réflexe, et aussi sans doute parce que mon cerveau refusait d'admettre ce qui se passait, j'ai baissé les yeux pour regarder dans mon rétroviseur.
La voiture arrivait sur ma droite. Je ne savais pas qu'il s'agissait d'un complice. Mais là non plus je ne crois pas que ça aurait changé quoi que ce soit. Le déclic s'est produit dans mon esprit et j'ai basculé sur mon agresseur. Entrainés par le poids de la moto, on est tombé tous les deux, lui sur le dos, moi sur lui, ma tête à hauteur de son ventre. C'est ce qui m'a sauvé. Le conducteur de la voiture avait sans doute prévu de s'arrêter juste devant moi et il n'a pas eu le temps de freiner. Je revois encore le pneu déformer le visage et l'aplatir dans une gerbe de sang, la mâchoire qui s'ouvre en grand pour éclater comme une tranche de pastèque trop mure, ses os en bouillie qui jaillissent soudain à travers les chairs déchiquetées. Une matière glaireuse mélangée à du sang a giclé sur la visière de mon casque. De la cervelle? Des yeux? Je l'ignore. Et puis plus rien, le trou noir.
Le pare-choc de la voiture m'a heurté la tête. J'étais encore inconscient à l'arrivée des pompiers et c'est une équipe du SMUR qui m'a réveillé.
Mon casque m'a sauvé la vie. Je m'en suis tiré avec une bonne commotion cérébrale, une entorse cervicale et deux plombages qui ont sauté sous la force de l'impact.
Un couple de vieux qui garait sa voiture un peu plus loin a témoigné pour dire que mon agresseur nous avait fait chuter en essayant de me faire descendre de force de la moto juste au moment où la voiture arrivait. C'est sans doute ce que j'aurais cru si j'avais vu la scène depuis une trentaine de mètres. Mais en dehors de mon agresseur, personne n'a remarqué ma main gantée appuyer sous son menton pour lui plaquer la tête contre le bitume. J'ai juste eu le temps de l'enlever avant l'arrivée de la voiture.
A l'hôpital, le médecin en charge de mon dossier a tenu à me garder en observation pendant quatre jours car je souffrais de terribles migraines. Il m'a longuement expliqué que, vues les circonstances de l'accident, je ne pouvais pas me souvenir d'autant de choses pour la simple et bonne raison que je n'avais rien vu. Au moment où le pneu pulvérisait le visage, ma tête avait déjà été heurtée par le pare-choc. Tout cela ne pouvait être que le fruit de mon imagination. Je l'ai laissé croire mais je sais qu'il se trompait: les images étaient trop nettes pour ne pas être réelles.
Je n'ai bien entendu rien dit aux policiers venus m'interroger. J'ai eu droit à la visite d'un journaliste du Progrès et Mathilde a découpé l'article qui doit encore être dans un tiroir de la cuisine. J'ai également reçu divers coups de téléphone.
De plusieurs associations xénophobes tout d'abord, qui souhaitaient m'avoir dans leurs rangs.
D'anonymes ensuite qui, sans que je sache comment ils avaient eu mon numéro, me remerciaient d'avoir tué ce sale basané. Le gars était connu des services de police et son autopsie a révélé qu'il était sous l'emprise du cannabis au moment des faits. Ce qui explique peut-être pourquoi il m'a montré son visage, allez savoir, ou comment il pouvait s'imaginer prendre la fuite sans casque sur une moto sans se faire remarquer.
Du service de police chargé de l'enquête enfin, pour avoir quelques précisions. Mais ni moi ni le couple de témoins n'avons changé notre version d'un iota. Au bout d'un mois, je n'ai plus entendu parler de cette affaire et si parfois des amis en ont discuté, je n'y ai pas prêté attention.
Quelques heures avant ma sortie de l'hôpital, un psychologue m'a dit qu'il serait bon que je consulte un de ses confrères car j'avais à la fois été victime d'une agression traumatisante et impliqué dans la mort d'un être humain. Mathilde, qui avait passé trois jours à mon chevet, me l'a fait promettre. Je n'y suis bien entendu jamais aller. Pour la simple et bonne raison que je me sentais bien. J'avais tué quelqu'un et j'en éprouvais une étrange satisfaction.
Ce qui m'a posé le plus de tracas dans les semaines qui ont suivi? Les réparations de la moto. C'était une simple chute à l'arrêt mais il a fallu changer plusieurs pièces, dont un pot d'échappement et une partie du carénage. Je n'aurais jamais pensé que cela coûtait aussi cher, tout comme je n'aurai jamais imaginé devoir attendre et me battre avec mon assurance pour les réparations.
Je l'ai récupérée comme neuve pratiquement deux mois plus tard, le surlendemain du départ de Mathilde. Une semaine après, je tuais à nouveau. Vous voulez savoir comment c'est arrivé? D'accord. Le temps de pisser un coup et je reviens.
David, 52 ans, Always on the road...
Demi-Tour
Messages : 0
Inscription : 17 août 2008, 22:00
Contact :

Re: Littérature motarde

Message par Demi-Tour »

Bon, voilà, vous avez de quoi lire :-p

Pour vous donner une (autre) idée je vous mets la description du livre (vous savez, ce qui figure sur la couverture à l'arrière):



Un arsouille: personnage peu fréquentable, délinquant, alcoolique, qui traîne dans les bas-fonds.
Une arsouille: petite course improvisée entre motards où la passion prend souvent le pas sur la raison.

Voici donc...
Trois nouvelles: Maurice, Rebel(les), Prédation.
Trois personnages différents: un alcoolique, un jeune naïf, un meurtrier.

Un point commun: la moto

Alors prêt pour un(e) arsouille mental(e)?


Je vais attendre vos réponses et remarque pour la suite.
Pour ce qui est du lien commercial, je vais également attendre vos réponses.
En tout cas merci d'avance!
David, 52 ans, Always on the road...
Demi-Tour
Messages : 0
Inscription : 17 août 2008, 22:00
Contact :

Re: Littérature motarde

Message par Demi-Tour »

:coucou:
La longueur des extraits aurait-elle refroidi vos ardeurs de lecteurs...? :pleur:
C'est si nul que ça...? :-/:confu:
David, 52 ans, Always on the road...
Avatar de l’utilisateur
Jean-marie50
Messages : 131
Inscription : 09 sept. 2006, 22:00
Contact :

Re: Littérature motarde

Message par Jean-marie50 »

Mais non mais non !Je connais ''l'angoisse'' de celui (ou celle) qui a ''produit'' qqc et qui le balance sur la toile et qui attend le ...verdict des lecteurs (trices) là-bas ,au loin!
Alors non,c'est pas nul du tout;tu peux me donner le lien commercial,je suis preneur de la suite ,tu le fais par MP tant que tu n'as pas obtenu le feu vert de Jan-Kristof,merci.
Jean-marie, 72 ans, honda nt 1100 2022
Répondre

Revenir à « Aire de repos »