Partie 3 :
Je me suis levé plutot en forme. Après quelques étirements, un bon petit dejeuner, j'etais impatient de reprendre la route. La douleur à l'omoplate etait partie, mais ça restait tout de même un peu raide. Afin de ne pas revivre les souffrances de la veille, Il me fallait adapter ma position sur les 240 km qui me restaient a parcourir jusque la capitale. Faire aussi plus de pauses et faire en sorte qu'elles soient plus efficaces.
Il etait 10h . Je quittais l'hôtel sans trop d'apprehension. Il faisait beau. J'ai rapidement trouvé l'autoroute, j'avais envie d'en découdre et d'arriver rapidement à destination.
Circulation très fluide sur la A6, mais des camions cette fois-ci. La leçon du jour : le dépassement.
Facile. Un coup d'oeil dans mes rétros, un coup de tête rapide pour l'angle mort , clignotant, et je met les gaz. Je double, clignotant, je me rabat avec un petit contrôle sur la droite au cas où. Classique. J'en double ainsi une dizaine et je parcours 15 km sans encombre. C'est alors que mes yeux sont tombés sur la jauge d'essence qui léchait le rouge ! Quel abruti ! La veille je m'étais dit "plus d'essence, mais ce n'est pas grave, Avallon c'est assez grand, je trouverai une station d'ouverte sans problème avant de prendre l'autoroute." Sauf que je me suis rué sur celle-ci comme un bœuf en rut. Aucunes indications de station. J'ai continué encore 5 km. Rien. La prochaine pouvait être dans 45 bornes, aux alentours d'Auxerre. Ça serait surement trop tard ! Je me suis arreté a la première aire de repos venue pour réfléchir un peu.
D'aprés la carte, la prochaine sortie était Nitry. Une petite pensée pour la Beursaudière au passage, mais bon, ce n'etait pas l'heure de dejeuner et puis le moment était grave.
J'ai pris mon iPhone et j'ai activé mon application "around me". Bien pratique celle-là. Elle indique, entre autre, les stations d'essence les plus proches. Évidemment la plupart se trouvaient a Avalllon ! Faire demi tour c'était faire 30 bornes pour rien avec un bon coup au moral. Aucunes stations a Nitry, la plus proche c'était le supermarché Attac de Vermenton. 15km de Nitry. Après 30 bonnes minutes de recherches c'etait decidé : en route pour Vermenton. 30km aller et retour, certes, mais au moins je ne revenais pas sur mes pas.
10 minutes plus tard je m'arrêtais devant l'église de Nitry pour demander a deux dames quelle était la station la plus proche :"la plus proche? Beh c'est celle dans la rue d'à coté ! c'est ouvert, j'y suis allé ce matin faire le plein". Quel soulagement, cette station n'était pas indiquée sur mon iPhone. J'ai suivi les indications de la dame et, en effet, dans une petite ruelle était planquée une minuscule station service. Je m'y suis arrété et là... il n'y avait que du 98 et du Diesel ! Argh!
Le pompiste me dit qu'un lundi je ne trouverais de stations d'ouvertes qu'à Avallon. Re-Argh! Je lui parle de celle de Vermenton à tout hasard. Ca a soudain fait tilt dans sa tête, et c'est avec l'air de celui qui a fait une bêtise qu'il me confirme qu'il y en a bien une à Vermenton, a Attac, et qu'elle est ouverte puisqu'il y était passé le matin même avec sa femme pour y faire leurs courses. Ah ben merci l'iPhone ! Sans lui je repartais pour Avallon. Ca aurait été la looose !
Je m'aperçois que je me perd un peu dans les détails. Je vais resumer, sinon il me faudra 3 chapitres de plus.
L'Attac. Essence 95 sans plomb. J'en profite pour acheter un tissus micro-fibre pour nettoyer mon pare-brise plein de bestioles éclatées. Je reprend la route le cœur super soulagé. De retour sur l'autoroute, je file comme une flèche. Bon, 110km/h puisque je suis jeune conducteur. Un petit arrêt sur une aire de repos fort sympathique, avec un petit étang et un restaurant pour un café bien merité. En sortant je ne trouve pas mes clés. Après 10 bonnes minutes je les retrouve dans l'herbe a coté de la moto. Ok. On reste calme. Je retourne sur l'autoroute et, vers 14h30, je m'arrête à un de ces grands restaurants qui enjambent l'autoroute. Petit, je rêvais que mes parents s'y arrêtent pour pouvoir déjeuner en regardant les voitures passer, mais ça n'est jamais arrivé. Alors je me suis fait plaisir. Au final c'etait pas l'extase. Plutôt lassant toutes ces bagnoles. Toutefois la nourriture était bonne.
Pendant tout ce temps, en pour éviter que les douleurs reviennent, je roulais le plus possible avec uniquement la main droite sur le guidon. Je laissais la gauche se reposer sur mon sac de réservoir. Conduire la Deauville d'une seule main ce n'est pas un problème. Elle file vraiment droit. Certains ont des problèmes de louvoiement mais ce n'est pas mon cas. Une chance.
Apres quelques heures de route j'ai senti la circulation se densifier. L'autoroute s'élargissait aussi. Parfois j'apercevais des motards en contresens. Je découvrais que l'on pouvait encore se faire signe. Plutôt sympa. D'ailleurs, pendant ce périple, j'ai eu droit a tout, ou presque. La grande majorité des motards fait signe, ça arrive parfois que non, et, bizarrement, j'ai trouvé que c'était souvent les BMWistes qui étaient les moins cool. Oh laaa, pardon Messieurs si ma Deauville coûte moitié moins cher que la votre ! Franchement on se demande parfois quelles sont les motivations de certains de passer leur permis moto. Bref. Ce n'est pas une généralité heureusement. Je connais depuis des BMWistes avec un bon esprit (sur le fofo entre autre

)
Paris se profilait a l'horizon. J'apercevais le Sacré Coeur au loin, ma maison (j'habite Montmartre).
Je suis arrivé à 16h porte d'Italie. Il me fallait maintenant passer au bureau, à Gennevilliers, j'avais un rendez-vous à 18h.
J'ai emprunté les boulevard extérieurs. Ca me faisait un drôle de sentiment. J'avais arpenté tellement de fois ces voies avec mon scooter pendant 12 ans, cette fois-ci elles m'accueillaient avec une belle cylindrée (si on peut appeler une Deauville 700 une belle cylindrée bien sur

). Je re-découvrais, par là-même, les joies des embouteillages. Je roulais principalement en 2nde. Je crois bien m'être aussi payé tous les feux possibles. J'avoue que je stressais un peu. J'étais aussi épuisé et l'air de Paris était étouffant. La moto etait bouillante. J'ai calé deux fois au démarrage alors que ça ne m'était pas arrivé une seule fois depuis Grenoble. La chose agréable c'etait qu'aux feux passants vert je laissais loin derrière moi les voitures. C'est un sentiment de sécurité (tout relatif) que je ne connaissais pas en scooter (je regardais tout le temps dans mes retros. Pas top.)
Au niveau de France Television j'ai continué sur les quais. Je suis passé par le Grand Palais et j'ai remonté les Champs Elysées. L'homme qui n'a peur de rien

Résultat des courses, je suis arrivé au bureau une bonne heure après mon arrivée Porte d'Italie. Il faut dire que j'évitais de doubler les fils de voitures. Je n'étais pas encore suffisamment à l'aise pour ça. En une heure on en fait des kilomètres sur l'autoroute !
Ainsi s'achevait ma remontée de Grenoble. Et ainsi se termine mon récit. J'en garderai un souvenir inoubliable. Je repense parfois a ces petits endroits où je me suis arrêté. Cette petite barrière d'un champs par exemple, a coté de laquelle j'ai uriné en me disant que sans ma Deauville jamais je n'aurais jamais fait sa connaissance, je n'aurais jamais pu observer son bois usé recouvert d'un joli lichen.

. En réalité je sais très bien que l'aventure ne fait que commencer. J'en verrai d'autres des barrières ! Et des lapins, des petites routes oubliées, des aires de repos, etc...
Ça fait maintenant 2 semaines que je l'ai. Le passage des vitesses au son du moteur, les trajets avec mon Amie assise derrière moi, les embouteillages, les manœuvres et j'en passe, tout devient plus évident de jour en jour, et c'est un vrai bonheur !
The end.