Dossiers > Récits de voyage

Tour de France 2010

Tour de France 2010

Chaque année depuis 5 ans, je pars à moto assister à une arrivée d’étape de montagne du Tour de France. Le départ se fait toujours du Berry.
La première année j’étais parti seul et à l’improviste pour Courchevel (447 km) avec ma 125 Virago. Toute une histoire, mais mon meilleur souvenir. Tout le récit : Tour de France 2005.

La seconde année nous sommes partis à deux 125 pour l’Alpes d’Huez (463 km). La encore une panne de carburateur de mon coéquipier nous a inquiété pour le retour mais tout est rapidement rentré dans l’ordre. Le récit de l’époque : Tour de France 2006.

La troisième année nous étions cinq 125 à partir pour Tignes (480 km). Y’a pas à dire, plus on est de fous, plus on rie (je ne retrouve plus le récit de cette année là ! ).

La quatrième année nous avions choisi Super Besse car moins loin (183 km). Il faut dire qu’en 125 bien que passionnés, quand on peut limiter la souffrance, on ne se gêne pas. L’album photo de l’épopée : Tour de France 2008

L’année dernière je n’y suis pas allé car je venais d’avoir mon permis et la Deauville, du coup la patronne voulait profiter du confort de la bête et nous avions déjà fait la Normandie et l’Auvergne. C’est sûr que ça change du «pouf» de la Virago ! Les fesses de madame ont apprécié.
Carte de l étape Les Rousses - Avoriaz
Cette année, nous avons envoyé les enfants à droite à gauche (être une famille recomposée peut parfois avoir des avantages) et nous sommes partis pour Avoriaz. L’album du voyage : Tour de France 2010. Et comme nous avions une semaine de vacances et pas d’enfants, nous avons prolongé le voyage.

Nous sommes le vendredi 9 juillet et nous voilà partis pour une balade d’environ 1500 km, la moto chargée au maximum ; toile de tente, matelas gonflable, duvets, vêtements pour la semaine... boite à outils, bombe anti-crevaison... Plus guère de place malgré les possibilités de logement de la Deauv’. Donc on met le sac à dos de l’appareil photo sur le dos du pilote en s’avançant au plus près du réservoir pour faire de la place à ma passagère d’épouse. Pas confortable pour un long trajet. Un peu avant Moulin (une cinquantaine de kilomètres) nous faisons une première pause pour nous réorganiser. Ca va mieux, fini les petites routes, il ne nous reste que de la bonne nationale pratiquement jusqu’à la montagne.

Tranquillement nous avançons et la chaleur commence à peser. La Deauv’ avale les kilomètres généreusement, et nous commençons à avoir faim et la belle, soif. Nous nous arrêtons à Bourg-en-Bresse pour satisfaire les estomacs et réservoir. Plus loin, en arrivant dans les premières pentes de la montagne, du côté de Poncin, nous faisons à nouveau une halte pour nous réhydrater car la chaleur devient insupportable.
Le paysage quant à lui nous ébloui (oui le soleil aussi nous ébloui mais ça n’a rien d’exceptionnel !). Nous qui sommes habitués à notre Berry légèrement vallonné, nous découvrons un autre monde et nous nous sentons tout petit au milieu de ces gigantesques falaises. Non pas que ce soit la première fois que nous parcourons les routes de montagne, mais la première fois à moto et ensemble. En ce qui me concerne, ce spectacle me fait le même effet chaque année, je crois que je ne m’en lasserais jamais.
Nous arrivons sur le trajet que vont emprunter les coureurs dimanche (à partir de Bellegarde-sur-Valserine) et on se dit qu’on est bien mieux sur la moto. Même si cette étape n’est pas dite «difficile» pour des coureurs avertis, on sent bien (et on voit bien) que ça grimpe pas mal sur certaines portions.

Bonneville : parapentes sur la montagne Nous quittons un instant la route du Tour pour Bonneville où nous reposons quelques minutes la belle et les bêtes (sans commentaire). La chaleur est toujours aussi écrasante. On se rafraichi comme on peut, on cherche l’ombre, à boire surtout. Pas de place pour une bouteille d’eau sur la moto et de toute façon avec cette chaleur, ça serait trop chaud pour désaltérer.

Nous rattrapons la route du Tour et plus nous approchons d’Avoriaz, plus nous cherchons à repérer les lieux propices à l’installation de notre campement de fortune. Mais la journée est bien avancée et il est grand temps de faire des provisions pour notre repas du soir et le petit déjeuner. Vu la manque de place sur «Titine», nous avions décidé d’improviser à la dernière minute et nous avons bien fait car avec la température que nous avons supporté, nous n’aurions plus rien à boire et à manger.
Direction donc Avoriaz où nous faisons rapidement quelques emplettes. Il est bientôt 19h, les magasins ferment. Nous sommes partis depuis 7h ce matin, nous avons 456 kilomètres dans les roues. Google Maps nous prédisait 8h24 de trajet, nous avons mis près de 12h, mais nous avons fait beaucoup de pauses à cause de la chaleur.
L’option «je fais les courses sur place» était peut-être la meilleure pour la place et la qualité de conservation, elle ne l’était pas pour le porte monnaie. Enfin, on ne vit qu’une fois.

En montant, nous avions repéré quelques lieux d’installation possibles. On se dépêche de redescendre pour monter notre tente, mais les places sont déjà rares deux jours avant l’arrivée. Campings cars, stands et autres campeurs ont déjà investis les lieux. Plus de place à l’ombre, il fallait s’en douter. Heureusement, la nuit tombe vite en montagne et la fraicheur nous fait du bien. Notre campement

La Deauv’ est déchargée, le campement installé, (point I sur Tour de France 2010) enfin nous pouvons nous reposer. On grignote notre repas de fortune en deux temps, trois mouvements, nous ne sommes pas venus là pour nous reposer. On remonte à Avoriaz (nous ne sommes qu’à trois kilomètres de l’arrivée) pour se dégourdir les jambes. Bof, nous sommes déçus par ce village moderne.
Heureusement, les «orange» (il y a des Flamands un peu partout, surtout dans les bars) mettent une ambiance du tonner. Le décor est planté. On en fini avec la coupe du monde de foot (ouf) et la bière coule à flot. N’étant pas fans de foot, on décide de rejoindre les fans de vélo, on retourne au campement.

On rencontre nos voisins ; tchèques, belges, italiens, espagnols, allemands, hollandais... On voyage à travers l’Europe en quelques pas seulement. Nous sommes au coeur de l’ambiance du Tour de France.
Après une bonne nuit d’un sommeil réparateur, enfin quand les italiens ont eu fini leurs bières et éteint leur sono, nous sommes réveillés par un troupeau de vaches qui viennent de la traite à la ferme quelques mètres plus haut. Les vaches nous réveillent

Plus tard nous irons y acheter un bon morceau de Roblochon. Nous décidons d’aller au bar que nous avons repéré à 1,5 Km de notre campement pour prendre un bon café chaud et satisfaire des besoins naturels. Hé oui, pas simple quand on fait du camping sauvage de trouver un endroit approprié pour la chose. Puis nous descendons à Morzine faire le plein d’essence pour la belle et de provisions pour les bêtes. Il faut prévoir des vivres pour toute la journée du samedi, celle de dimanche aussi. La route sera bloquée demain et nous ne sommes pas certains de pouvoir remonter à notre campement si nous le désertons quelques instants.

Samedi : Morzine est une petite ville agréable, bien plus jolie qu’Avoriaz. On se promène, il fait beau, toujours chaud mais ça reste agréable. Le soir on se promène jusqu’à se qu’un orage de grêle nous invite à nous réfugier sous la toile de tente. Impressionnant ! L’orage gronde tout autour de nous, les grêlons de plus en plus gros (de la taille de billes) et nous craignons que la toile de supporte pas la violence de l’attaque. La moto non plus d’ailleurs quand les grêlons impactent le réservoir et résonnent dans la montagne. Nous trouvons le temps long, mais finalement les nuages s’éloignent. Nous sortons contrôler les dégâts et sommes rassurés : RAS ! Même pas une petite bosse sur la Deauv’, la toile de tente a bien résisté.

La journée de dimanche se déroule essentiellement à notre petit campement. Le soleil est haut et chaud, des orages sont annoncés. On croise les doigts. L’ombre nous fait défaut alors on joue les Mac Giver avec les tendeurs et les duvets pour s’abriter au mieux et on s’enduit de crème solaire.

Nous attendons les coureurs. On dessine sur la route, on admire le paysage, on s’approche des campings cars équipés de télé pour suivre l’étape. La caravane passe, on fait le plein pour ramener des souvenirs aux enfants. Les coureurs arrivent enfin. Superbe spectacle, ça valait le déplacement. Alberto Contardor, Andy Schleck et Cadel Evans

Lundi : journée de repos pour les coureurs. Nous replions notre tente direction Le Gets. Bon d’accord ce n’est pas bien loin mais il nous faut un vrai camping pour prendre une vraie douche et se reposer. L’ambiance du Tour n’est pas reposante et le camping sauvage pas hygiénique.
Nous trouvons donc un camping aux Gets. Enfin de l’ombre et vue sur le Mont Blanc pour couronner le tout ! Devniez qui c est ?

On réinstalle notre campement de manière civilisée cette fois-ci puis nous roulons quelques kilomètres en montagne. La journée de repos des coureur n’en est pas vraiment une puisqu’ils roulent quand même. Nous avons la chance d’en doubler quelques-uns de différentes équipes. Contrairement aux footballeurs, les cyclistes sont assez accessibles, sauf peut-être quelques stars. Ma chérie voulait voir Lance Amstrong sachant que c’est la dernière fois qu’on pourra l’aborder. Nous allons donc à son hôtel, mais la direction fait barrage. Tant pi il nous reste encore une chance, nous avons une invitation pour le village départ à Morzine. Peut-être y sera-t-il ?Camping Les Gets : installation civilisée

Mardi : village départ. Nous partons de bonne heure car les coureurs doivent passer par Les Gets et la route sera fermée dès 8h. Beaucoup de monde à Morzine, difficile même à moto de circuler et d’accéder au parking réservé aux invités. Les invitations ne sont pas arrivées, nous avons le temps de nous promener un peu. Nous allons à l’hôtel des Cofidis (nous connaissons un membre de l’équipe dirigeante qui habite près de chez nous) et nous avons la chance de pouvoir le saluer.

Enfin nous entrons au village départ, nous rencontrons quelques coureurs, les célébrités du Tour comme Bernard Hinault, Christian Prudhomme, Raymond Poulidor... Nous ne savons plus où donner de la tête. Véro et Virenque

Jérôme Pineau tombé l'avant veille est sur le stand de Carrefour. Il semble souffrir de sa chute. Thomas Voeckler, le champion de France est accueilli par sa compagne et son fils. D’autres coureurs retrouvent leur famille avant le départ. Bernard Hinault et moi

Le départ approche, nous n’aurons pas vu Amstrong. Ma chérie est déçue.
Nous restons à Morzine une grande partie de la journée puis retour au camping.
Une bonne nuit de repos et nous prenons la direction Murol. Je vous avais dit que nous ne voulions pas rentrer.
L’an dernier nous y avions passé quelques jours avec le club Berry 125 et nous avons manqué le feu d’artifice tiré du château à cause d’un orage. Nous ne voulons pas la rater cette année.

Mercredi : Départ à 10h des Gets.
La journée est aussi chaude qu’à l’aller et nous avons 498 kilomètres à parcourir. C’est de la bonne route, nous serons arrivés dans l’après-midi (enfin c'est ce que nous pensions). Les premiers kilomètres s’avalent tranquillement, profitant des derniers lacés à une allure raisonnable. La route est bonne, pas trop de circulation, nous décidons de ne pas nous arrêter pour manger, juste grignoter si le besoin s’en fait sentir. En arrivant sur Lion, nous déchantons. Le vent s’est levé, «vigilance orange» indique Météo France. Et ils ne se sont pas trompés malheureusement.

Moto chargée, les duvets sur le top-case, la prise au vent est conséquente et le moindre coup de vent nous décale. Plus on s’approche de Lyon, plus je ralenti la cadence, plus je peine à tenir ma monture. Des rafales latérales à plus de 100 km/h ! Ca devient dangereux, ma passagère est inquiète, je tente de la rassurer mais je ne suis pas très convaincu. A deux ou trois reprises, la roue avant se dérobe par la force du vent. Je rattrape le coup, mais je ne suis pas fière. Il faut s’arrêter et espérer une accalmie.

Nous arrivons tout de même à entrer dans Lyon à l’abri du vent. Il faut réviser notre itinéraire car nous prévoyions de prendre l’autoroute pour gagner du temps et avec ce vent, ce ne serait pas prudent. Seulement une fois dans Lyon, les seules directions que nous trouvons sur les panneaux, imposent l’autoroute. Nous nous perdons en ayant pourtant suivi les conseils d’un patron de bar à qui nous avions demandé conseil lors d’une pause rafraichissante (malgré le vent il fait très chaud). Finalement, ce sont les gendarmes qui nous escortent vers la bonne route. Merci la maréchaussée, je n’avais jamais été aussi content de les voir.

Le vent se calme même s’il reste bien assez fort pour devoir ajuster l’allure. Le temps se couvre, il fera moins chaud. Mais les nuages alertaient des orages attendus. Quelques grosses gouttes, on s’arrête mettre les tenues de pluie et on repart. Mais l’orage est puissant et l’eau passe même à travers les aérations du casque. On roule au pas, on s’arrête. L’orage s’éloigne.

En arrivant vers Thiers, un autre orage menace. Arrêt immédiat, il est accompagné de grêle. Heureusement, une station service désaffectée nous tend les bras. Il était temps car en plus des picotements des grêlons sur le cuir de nos blousons, la route devient glissante. Nous attendons que la grêle encore au sol fonde pour reprendre la route.
Nous avons passé Thiers.
Le soleil est revenu. Nous avons pris beaucoup de retard et nous décidons de couper par la campagne. Un autre orage approche. Tant pi, nous ralentissons mais ne nous arrêtons pas, la nuit ne va pas tarder et nous ne sommes pas arrivés.

Enfin Murol. Mais il fait nuit. Nous sommes bloqués au pied du château par la retraite aux flambeaux. C’est magnifique mais nous sommes trempés, nos duvets aussi, fatigués et la tente n’est pas montée, l’accueil du camping fermé. Bref tout va bien.
Le gérant du camping est dans son bureau. Nous le connaissons de l’année dernière lorsqu’il nous avait accueillis avec le club 125. On le salut, il voit bien que nous sommes dépités et nous invite à aller nous installer, on enregistrera notre arrivée demain matin. Nous déchargeons la moto, cherchons dans la nuit quelques vêtements secs et commençons notre installation avec le peu d’éclairage du réverbère un peu plus loin. Nous écoutons les explosions du feu d’artifice. Les fusées les plus hautes nous apportent un peu de lumière, mais nous l’avons encore loupé pour cette année.
Nous sommes tellement fatigués que le duvet mouillé ne nous empêche pas de dormir.
Camping de la plage à Murol

Jeudi, nous allons nous promener à pied avec l’application GPS géocaching de l’iPhone de madame. Pour ceux qui ne connaissent pas, le géocaching est une chasse au trésor internationale qui se pratique avec un GPS pour la randonnée (www.geocaching.com). Mais si on n’en a pas l’iPhone peut faire l’affaire.

Vendredi, encore une cache à trouver puis nous rentrons, il faut bien récupérer les enfants. Il ne nous reste plus que 180 kilomètres à faire que nous ferons tranquillement, comme d’habitude, peut-être même un peu moins vite histoire de prolonger au maximum cette semaine à moto. Nous aurons parcouru environ 1500 kilomètres.


Article suivant: Selle confort Gel en image
Article précedent: Direction la côte Normande

Réagir, poser une questionProposer un articleS'abonner aux articlesConseiller l'article à un ami










A propos de cet article
Profil de The-Stephinfos Article de The-Steph.
webmaster, passionné de moto et de photo
site web site web

N° Article : 661
Article lu 3634 fois.
Créé le 16-08-2010 à 22h21.
Modifié le 18-09-2010 à 12h02.

Cliquez ici pour valider cet article Validation * * *

modifier cet article Mettre à jour l'article
Cliquez ici pour rediger un nouvel article Redigez un nouvel article
Discutons de cet article sur le forumVos réactions, sur le Forum
Liens externes
Autres articles du dossier

Tous nos articles Tous les articles