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Napoléon, la Dove, Jocelyn et moi.

Le but de notre voyage :Grasse

Notre équipage au complet.Ça y est nous sommes partis ! Nous sommes le 12 juillet 2009, il est 15 heure, Jocelyn et moi, sur la Deauville (la Dove), ma moto de 2002, et 30 000km révisée de près, pneu arrière changé, plaquettes de freins neuves et nous voilà partis pour un périple de presque 900 km ; au programme la route Napoléon. Partit de St Bonnet de Mure (à 10 km à l'Est de Lyon), je roule pénardement sur la N6 pour rejoindre Grenoble, je veille à mon impressionnant chargement, et surtout je guette les réactions possibles du chargement sur la tenue de route, la prise d’angle, et l’équilibre général de la moto, faire rouler presque ½ tonne sur une 650 demande quand même quelques attentions. Mais la moto est douce, presque encore plus douce que d’habitude, l’équilibre entre l’avant et l’arrière est parfait, le freinage est assuré, on se sent libre et conquérant au guidon de l’engin, je prend un train de sénateur : démarrage tranquille, allure pépère, je savoure tout...Jocelyn et Moi (Patrice)

J’en rêvais depuis 3 ans, lorsque ma femme Marie-Paule a acheté sa moto (une 125 Yamaha YBR), immédiatement, je me suis dit qu’un petit WE en moto et en famille serait super, surtout qu’une de mes nièces habite Sisteron, mais l’occasion ne s’est pas vraiment présentée, et cela lui paraissait assez difficile d’affronter d’assez longues étapes sans avoir sa moto en mains. L’an dernier, lors d’un voyage à Manosque en voiture l’envie m’avait fortement repris de faire cette route non pas voiture, mais en moto, Il y en avait partout qui nous doublaient, qui nous croisaient, j’avais envie de leur faire signe, mais ils n’auraient pas compris, alors je me suis abstenu. Mais mon désir était là et bien là. Peut-être même qu’une fois ou l’autre j’en ai fais le geste comme par habitude, je me suis un peu senti ridicule...Arret goûter au dessus de Grenoble

La Verpillière, voici l’entrée de l’autoroute A43, que j’ignore, mon train de sénateur, et mon envie de prendre le temps m’ont décidé définitivement de ne pas recourir à l’autoroute sur ce périple. Jocelyn est bien calme derrière moi, il me tient comme à son habitude à la ceinture de ma veste de moto. J’aime bien le sentir là, docile, il ne refuse jamais un voyage en moto. Le temps est correct, il fait beau, avec une peu de grisaille de temps en temps, je suis confiant, la météo était favorable pour 4 jours.

Déjà la banlieue de Grenoble, Voreppe, cela fait une heure et quart que nous roulons, j’avais promis à Jocelyn un petit Gouter dans une heure. Il est parfaitement réglé, et tout les trois heures il réclame à manger, voici un fort joli petit chemin à droite, tiens, 2 camionnettes sont au parking, ho, ho, dans les camionnettes, deux femmes en guêpière colorée attendent le client, allons plus loin, si je m’arrête, cela va prêter à confusion...j’ai du leur faire une fausse joie...J’engage la moto dans le petit chemin goudronné attenant , trouve une zone en herbe, et stoppe la moto. Zut, je n’arrive pas à mettre ma béquille centrale, que se passe-t-il, j’ai compris, le poids ! Avec Jocelyn et les bagages, la moto est trop basse, et la béquille ne passe pas sans pencher dangereusement la moto. Il faut simplement que Jocelyn descende avant de la déplier, ce qu’il fait, je mets la béquille, mais le sol est meuble, la béquille s’enfonce, je rattrape le tout, j’ai oublié ma calbrèle (une petite planchette pour mettre sous la béquille lors de sol trop meuble). Tant pis je vais me poser sur le goudron, il faudra y veiller, surtout que la moto, chargée comme elle est, est très lourde, et il faut que le sol soit parfaitement plat, car je sens que sur la latérale, la moto peut être instable, il faut que le poids soit parfaitement centré. Je descends prudemment, et vérifie que le tout tient bien. C’est un peu précaire, il faudra faire attention à ce point lors de tous nos arrêts et bien rechercher des haltes goudronnées et parfaitement plates, sans trop de gravillons aussi, car si mon pied glisse, et que la moto tombe je serai incapable de la relever, même avec l’aide de Jocelyn.

Jocelyn goûtePetit gouter, sandwich au jambon cru pour Jocelyn, gâteau, et on fait même chauffer un petit café (en poudre), la vue est belle, je suis assis sur mon trépied acheté pour l’occasion à Décathlon et qui se montre très commode et confortable. De plus, j’ai fait en sorte qu’il puisse être détaché rapidement et toujours accessible dans le chargement, c’est plus commode pour mettre les bottes de moto quand on fait 120 kg comme moi (ne le répétez pas, je fais croire à ma femme que j’en fais que 100)...

Jocelyn me parle, il répond à mes questions, s’il veut manger : « mmm », s’il veut un petit café : « mmm », s’il veut que l’on reparte : « mmm ». Nous revoilà reparti, la traversée de Grenoble se fait au son de « Heal the World » du très regretté Mickael Jackson, hé oui, j’ai la radio sur la moto (qui ne marche souvent qu’en ville, car en campagne, j’éteins et je me laisse bercer par la route et le paysage, pas trop quand même, car il faut se concentrer un maximum sur la route). Le château de Vizille (Musée de la révolution)Direction Vizille, point de départ (ou plutôt d’arrivée, car nous faisons la route à l’envers) de la route Napoléon. Vizille est située au coeur d'une étoile dont les branches sont formées par trois vallées alpines, dominées par les massifs de Belledonne, du Vercors et de l'Oisans. C’est aussi un centre culturel important qui a vu naître la Révolution française.

Un petit mot d’histoire, La route Napoléon, commence à Golfe Juan, ou Napoléon débarque de l’ile d’Elbe avec quelques fidèle compagnons, et elle va remonter sur Grenoble, jusqu’à Vizille exactement, avec comme but Paris. Le régime de la royauté est en déroute, Napoléon l’a compris et a saisit l’opportunité, la France a encore besoin de lui, il quitte son exil et rejoint la côte française. La route Napoléon est le chemin qu’il parcourt entre le 1er mars 1815 et le 20 mars au gré des ralliements qui s’opèrent et au fur et à mesure de sa remontée vers Grenoble. C’est un moment historique, où des émissaires partent dans tout les sens en France et en Europe, l’Aigle est revenu, déchainant sur son seul nom, et surtout dans les couches populaires un engouement irrésistible. Pourtant l’accueil dont il est le sujet ne remplis pas totalement de gaité l’empereur, un émissaire spécial a été envoyé à l’impératrice qui vit avec son fils et son amant à Schönbrunn à Vienne, chez son père l’empereur d’Autriche. Il lui fait demander de le rejoindre avec l’Aiglon à Paris, l’empereur sait que si femme vient le rejoindre, l’empereur d’Autriche ne pourra s’opposer à son retour au pouvoir, et ne pourra pas non plus rejoindre la coalition anglaise et prussienne qui ne manquera pas de s’opposer au retour de l’Aigle. Mais l’impératrice ne viendra pas, l’empereur arrivera seul à Paris et 100 jours plus tard ce sera l’énorme défaite de Waterloo et l’incarcération à Ste Hélène. Si l’impératrice avait dit oui, Waterloo n’aurait probablement jamais eut lieu...

J’aime bien relier ce que je fais dans une dimension historique, cela donne de l’épaisseur à ma vie, c’est comme une caisse de résonance.
Après un arrêt, pour se rafraîchir, Jocelyn se rafraîchit.devant le musée de la révolution française de Vizille, nous repartons, prudemment, il faut se concentrer assez vite sur les premiers virages de la route. Il y a pas mal de monde, c’est vrai que nous sommes Dimanche, des grappes de motos nous croisent, ils reviennent d’une bonne balade sur la Route Napoléon. La statue de Napoléon sur son cheval.Ça monte déjà, et nous arrivons très vite à Laffray ; Laffray, vous connaissez la fameuse côte si dangereuse.
Soudain, une forte odeur de ferodo brulé... mon embrayage, non, il colle parfaitement... mes plaquettes, ce n’est pas possible, je monte la côte, je ne la descends pas... Puis juste devant moi, une caravane apparait, à cheval entre route et fossé. Une vapeur d’eau sort de sa roue gauche, ou un homme vient de jeter de l’eau sur l’essieu pour le refroidir, des mâchoires de freins à tambour coincées probablement... Hé oui, il faut dépoussiérer de temps en temps, on a connu ça du temps ou nos motos n’avaient que des freins à tambour. A propos de frein, la Dove dispose du système CBS Honda (un couplage entre les pistons de freins arrière, et 2 pistons des freins avant, la poignée de freins avant commande quand à elle, les 4 pistons restant des freins avant qui restent ainsi toujours disponibles en cas de besoin de freinage énergique). La radio sur la moto, un sony RDS modifié pour avoir un son correctJe l’apprécie tous les jours, mais là, c’est la première fois que je fais de la montagne avec, quel confort, un simple petit coup sur la pédale de frein, la moto s’écrase légèrement aussi bien de l’avant que de l’arrière, gardant une assiette idéale. Vous arrivez un peu vite dans un virage ou une courbe, un léger appui, et en douceur, sans risque de blocage de roue arrière, et sans risque d’une plongée excessive de la roue avant, la moto se cale naturellement sur sa trajectoire, quel progrès sur les freins, en quarante ans, de mon point de vue, c’est la plus grande avancée. Un freinage au top, et encore, je n’ai pas l’ABS comme sur le nouveau modèle.

Mais le temps passe, il va falloir penser à s’arrêter pour la nuit, et puis Jocelyn aime bien manger à l’heure.
Jocelyn, je ne vous l’ai pas encore présenté. C’est mon fils, presque 22 ans, il est handicapé, né trisomique, il est le dernier enfant d’une famille de quatre ; Il a bénéficié d’une éducation précoce et a montré une évolution très positive. Puis, de façon assez soudaine, il y a quatre ans, il se réfugie dans un mutisme quasiment complet. Il devient très irritable, ne supporte plus rien (même le regarder est pour lui une agression), ne dis plus bonjour, ni bonsoir, ne tient plus en place, ne tient plus compte de son environnement, se balance constamment, fait des grands gestes brusques, court comme un dératé sans but, ses occupations habituelles se réduisent de façon très importante, il se réfugie dans la musique qu’il écoute très fort, et du jour au lendemain, se couche par terre pour ne plus aller à son établissement... Je travaille à domicile... Heureusement... Je peux assurer sa garde...
Je suis donc toute l’année avec lui, je l’emmène à ses rééducations, aux séances de sport adapté, il aime la moto et ne refuse jamais une balade. Il y a presque 5 semaines, il a commencé à sortir doucement de son mutisme, répond à mes questions, exprime quelques demandes, rit et même rit aux éclats. Ho, ce n’est pas un grand bavard, mais ces petites manifestations me comblent de joie.Jocelyn aime s assoir par terre et regarder le paysage!
Nous sommes en juillet, ma femme travaille encore, Il n’y a plus de rééducation à cause des vacances, et plus non plus de sport adapté, nous sommes libres comme l’air, et nos journées sont bien longues. C’est dit, nous allons partir en baroud, camping et popote et le tout en moto. Jocelyn est ravit. Devant quitter la région Rhône sous peu pour retourner dans notre Normandie natale, c’est une dernière occasion qui nous est offerte de faire cette route Napoléon. Ce sera sans ma femme, elle ne peut pas car elle a encore une semaine de travail, et puis le camping dans une toute petite tente ne l’intéresse que moyennement, et sa 125 serait quand même bien juste pour un tel périple en montagne. Nous partirons donc Jocelyn et moi avec la Dove.La Dove et son chargement.
Jocelyn participe activement aux préparatifs, et aux quelques courses nécessaires pour compléter notre équipements, je fais quelques aménagement sur la moto : un thermomètre, une prise 12 volts pour le rechargement du téléphone, et aussi du gonfleur électrique pour le matelas pneumatique. Et je fais une modification du support de top case pour pouvoir fixer rapidement et de façon très accessible mon fameux siège trépied. Je complète le tout par une sacoche de réservoir, inutile d’habitude du fait de l’équipement pléthorique d’origine de ma petite GT. Cette sacoche n’est pas de trop, et se montrera bien utile tellement elle est accessible en restant assis sur la moto, et vu les petites complications relatés plus haut pour mettre la béquille latérale lors des arrêts, j’y mettrais en priorité mon appareil photo, comme çà, on s’arrête, moi ou Jocelyn, on prend la photo et on repart. Bien commode, non.

Voilà un camping dans un joli cadre, on entre, carte d’identité, inscription, et 16 € plus tard nous voilà sur un bel emplacement, sans voisin immédiat, y’a pas encore grand monde. Et il s’agit là d’un tout petit camping, tout est impeccable.La Dove et Jocelyn au camping.

Je décharge la moto, arrive à la mettre sur la béquille centrale, la voilà en sécurité. Montage de la tente, surprise, j’ai carrément oublié le double toit de la tente, tant pis on va s’en passer, de toute façon il fait beau et cela doit durer, parait-il. On gonfle le matelas avec l’appareil, assez ferme, ca bouge moins à deux dessus. On s’installe confortablement. Il va falloir penser à manger, j’ai ce qu’il faut dans la glacière du top-case. Néanmoins, si je trouvais quelques oeufs frais, cela nous permettrait de faire une omelette le lendemain midi. Avec Jocelyn on s’apprête à repartir, j’appuie sur le démarreur de la moto, petit bruit pas normal, refus de démarrer, malheur, j’ai arrêté le moteur avec le coupe circuit et le contact est resté avec le phare allumé, la batterie a plus que faiblit. Évidemment pas de chargeur de batterie, je repense aux bonnes vielles méthodes, la poussette, je n’ai jamais fait cela avec une mot de 240 Kg à vide, ca va pas être coton, et surtout, je ne peux plus faire comme dans ma prime jeunesse, une petite course sur le coté, un saut sur la selle au bon moment, et embrayer simultanément en seconde. Çà c’est bon pour les jeunes, ou les sportifs. Sportif, je ne l’ai jamais été, et jeune je ne le suis plus tellement. Par chance, ca descend, je m’assois sur la moto, je demande à Jocelyn de pousser, après un « ffffff » de mécontentement, il s’y met. On prend un peu de vitesse, j’embraye en mettant tout mon poids (qui n’est pas mince) sur la selle, et la roue traine par terre, normal c’est du gravier. Loupé... Elle ne démarrera pas sur ce type de revêtement, on pousse la moto plus loin, il m’a semblé que l’entrée du camping était en pente et qu’elle était goudronnée, mais elle m'a semblé aussi très courte avant la route qui elle est plate. Jocelyn accepte encore de pousser, il ne faut pas que je me loupe, j'aurai droit qu'à un essai, je me concentre, contact, bien éteindre le phare, attendre la bonne vitesse, là c’est bon, embrayage, appui à fond sur mes repose-pieds, et bonheur, elle pète, la voilà en route. On fait une petite quinzaine de kilomètre sans le phare pour mieux recharger la batterie, j’espère qu’il n’y aura pas de maréchaussée, en espérant que cela suffira pour le redémarrage du lendemain. On revient au camping...Notre installation, tout est sur la moto.

On se fait une bonne popote, un reste de barbecue de la veille, avec une salade de tomate, agrémentée d’ail et d’échalote. On a bien mérité notre repas.
Vite, les maillots de bains et à la piscine, Jocelyn adore. La cabine douche/ WC pour handicapés est superbe, spacieuse et bien propre, nous sommes très à l’aise pour faire nos ablutions et mettre nos pyjamas (Jocelyn a besoin d’aide pour sa toilette). Il me donne la main, on retourne à notre emplacement.
On attend tranquillement la nuit, Jocelyn se couche, je le rejoins. Zut, encore un problème, mon sac de couchage neuf, que j’avais acheté pour l’occasion, m’arrive à la poitrine, et impossible de le fermer vu le diamètre. Je me suis trompé, c’est un sac de couchage pour enfants...
Je me relève, prend ma veste polaire (que j’avais beaucoup hésité à emmener), me couvre comme je peux avec le sac d’enfant, et j’entends Jocelyn, qui ne parle que pour les grandes occasions, me dire « ha, on est bien, hein » avec un petit sourire. Merveille, comme il a raison et que c’est bon de l’entendre parler... La nuit est très bonne.Le coucher, il fait très doux...

Lever 7 heure, petit déjeuner, toilette, démontage, rangement, chargement, il nous faut bien deux heures. Je mets le contact, garde bien le phare éteint, et j’appuie sur le bouton, immédiatement le moteur réponds, Alléluia, elle est bien brave ma Dove...

Je repasse par le bureau pour récupérer les 2 pains de glaces que j’avais mis au congélateur du camping, donne 40cts, les mets dans la glacière, on a du frais pour une dizaine d’heure. Nous voilà prêt. En route pour GAP.Petite pause cjgare en milieu de matinée.

A l’assaut du col Bayard, la route est belle, le paysage magnifique, la Dove ronronne entre 4000 et 5000 tr/mn, notre train s’établit entre 60 et 80km/h, j’adore rouler le matin en moto, c’est le meilleur moment, la lumière est toujours plus belle, il ne fait pas trop chaud, on est en forme. Le paysage du  col Bayard.C’est le plaisir maximum. Quelques arrêts photos, une petite marche et un cigare au lac du Sautet, échange sympathique avec un groupe d’enfants qui partent en escalade. Le lac du SautetLa route est ponctuée d’échange de saluts avec tous les motards qui font la route, ils s’arrêtent pour une photo, je les double, ils me repassent car je suis le plus lent, Je m arrête, tu t arrêtes, on prend une photo et c est repartit.je les repasse sur un autre arrêt, c’est un chassé croisé qui nous conduit jusqu’à GAP. La descente sur la ville, juste après le col Bayard est grandiose et magnifique.Le ballet des motos sur la route Napoléon..

Arrêt dans une grande surface, il faut que je trouve un sac de couchage à ma taille, faire quelque courses spécifiques, car Jocelyn a un régime sévère sans gluten et sans caséine, je trouve tout ce qu’il me faut, un coup de GPS et me voilà pour diner chez ma nièce et son mari qui habitent maintenant à GAP. Repas bien frais de spécialités de la ville, des espèces de canapé à base de pomme de terre et de fromage, très bon... Je suis un peu gourmand pour être parfaitement honnête. Jocelyn quand à lui, mange des chips (choisit sans gluten), des saucisses charcutières (car sous vide, y’a encore du gluten), il est content...

Nous ne nous attardons pas, nous sommes venus faire de la moto, et on a bien l’intention d’en faire tout notre saoul. Un plein d’essence, un petit arrêt à Château-Arnoux-St-Alban pour boire un coup en terrasse chez les beaux parents de ma nièce qui tiennent un café. Puis liaison vers Digne, par grand-chose à dire, on roule à plat dans la vallée, le paysage est plus lointain, les routes plus droites, on longe l’autoroute, je capte sur ma radio « radio-Trafic » (radio autoroutière) sur 107.7. L arrivée à Sistéron.Un peu de bonne musique nous aide à passer les lignes droites plus ennuyeuses, beaucoup moins de motos sur ce tronçon, je comprend, peu de gens font comme nous l’intégralité de la route Napoléon, ils font les passages les plus intéressants et font demi-tour. Nous sommes au milieu du circuit, il est normal de voir moins de motos dans cette partie beaucoup moins typiques.

Après Digne-les-Bains, les choses changent, à nouveaux la route que j’aime, le paysage devient escarpé, c’est des lacets, la route est en bon état, on longe les falaises et les à-pics, il faut se concentrer, la moto est toujours aussi douce et répond parfaitement, on se sent en sécurité, Jocelyn somnole dans mon dos, je le sens à son casque qui tombe sur mon épaule, ou qui fait toc-toc sur le mien. Il a confiance, il se tient toujours à mon blouson à la taille, il se laisse porter, j’aime bien le sentir là, blottit et confiant...Paysage un peu plus plat avant la montée vers Castelane

Tiens, un panneau « camping » avec la mention, « ici, on accueille les motards ». Nous venons de traverser Barème, le camping s’appelle "Le Napoléon", on accueille les motards, ca nous va bien. Un coup de clignotant, et on s’élance (au ralentit quand même) dans le petit chemin, jusqu’au camping très ombragé au bord d’un gave. Carte d’identité, et 16.5 € plus tard, nous voila dans un emplacement en herbe, parfaitement ombragé, juste derrière le rideau d’arbre on entend couler le gave. Je remarque immédiatement que l’herbe n’est pas très fournie et que le dessous est un léger limon craquelé par la chaleur, il ne supportera pas la moto. Notre voisine, une allemande assez âgée (entre 65 et 75 ans), comprend immédiatement notre embarras, et nous apporte une planche qu’elle avait sous sa caravane, elle fait cela spontanément, je n’en reviens pas. A-t-elle fait de la moto ? En tout cas elle a compris immédiatement ce dont nous avions besoin. Nous ne pourrons pas du tout causer ensemble, car manifestement, elle ne connaît pas du tout le Français, et moi, pas du tout l’Allemand. Notre relation se limitera à des sourires, un beau langage universel...

Deuxième bivouac avec une soirée bien au calme, notre autre voisin Herbert, allemand lui aussi, vit dans son van, il vient de rentrer sur sa BMW R100 GS, pas toute jeune, elle date du milieu des années 90. Il n’y aura pas non plus de dialogue, toujours cette satanée langue. On est bien sur ce camping, ils vendent de la bonne bière en demi, je décide d’y passer la nuit et aussi la prochaine. Un seul problème, Jocelyn se met à courir, comme il aime le faire de temps en temps, et cela a pour effet d’exciter le petit chien de notre voisine, qui fonce sur lui en aboyant bruyamment. Jocelyn ne connaît pas les chiens, et fait tout ce qu’il faut pour encore plus les énerver. La maitresse du chien intervient et tout rentre dans l’ordre, jusqu’à la prochaine fois, car à chaque fois que Jocelyn passera près de la caravane, le même scénario recommencera. Ce qui à le don d’exaspérer Jocelyn, qui n’apprendra décidément jamais à maitriser cette situation qui le panique complètement.

Demain, nous irons sur Grasse, avec une moto plus légère, nous ferons l’aller et le retour. On se couche à la nuit, et Jocelyn ne veut pas dormir ce soir, il contemple la nuit par la porte grande ouverte de la tente, de guerre lasse, je referme la tente, mais deux heures plus tard, je ré-ouvre car j’étouffe une peu, je me réveille à nouveau une heure plus tard, Jocelyn est réveillé et regarde encore la nuit. Je referme, puis je ré-ouvre, et il re-regarde la nuit... Il va faire cela une partie de la nuit, demain, il ne va pas être vaillant sur la moto...

Avec la nuit de Jocelyn, le lever se fait qu’à 8 h 20, c’est bien on a quand même dormi un peu. Et puis ce matin, pas grand chose à démonter, puisqu’on revient ce soir. On apprécie.

CastelaneDépart pour Castellane, petit tour dans la ville, sympa en ce matin de 14 juillet, foire à la brocante sur la place, les commerçants ouvrent leur boutique, ils lavent leur trottoir, j’aime bien cette ambiance des villes le matin, Les vitrines s animent tranquilement en ce matin de 14 juillet dans Castelane.un groupe de motards italiens est attablés à la terrasse du café, et ils nous font un petit signe sympa.

Je voulais faire des courses pour manger le midi, je décide d’attendre, car la chaleur monte vite en ce 14 juillet. Nous attaquons la montée vers le col de Luens, petit arrêt souvenir à Seranon, j’y ai le souvenir d’y avoir campé il y au moins 35 ans, j’étais avec un groupe d’ados en vélo, et j’avais escaladé la montagne avoisinante avec deux autres adultes du camp, un peu imprudent quand même, on était partit vers 16 heures après une grosse journée de pluie, la nuit nous a surpris sur la descente, j’en garde quelques émotions qui ne m’ont jamais quitté. Souvenirs, souvenirs...Sur la route, on fait des pauses souvent pour Jocelyn.

Je me souvenais aussi de la superbe descente vers Grasse, ho, bonheur, dans mon souvenir, à vélo, ca descendait tout le temps. J’avais hâte de refaire cela en moto. Nous prenons notre temps, nous savourons, la moto est un peu plus maniable, un peu plus facile à béquiller, nous en profitons pour faire la route avec de fréquents arrêts pour des photos, ou pour regarder d’autres motos passer, il y en plein, c’est congé aujourd’hui, et le tronçon est particulièrement intéressant pour les motards. Et la ronde continue, une petit bonjour au passage, c est bien sympa.C’est un vrai festival. On enchaine le col de Valferrière, la descente du pas de la Faye, la vue sur Grasse y est magnifique, puis la traversée de St-Vallier-de-They. Des motos, toujours des motos, whaa, il y a un superbe scooter (vespa à l’ancienne) rouge sur le bord de la route, je l’ai vu rapidement, pas eut le temps de réagir pour m’arrêter et le photographier, le temps de faire demi-tour, et de revenir, il était partit...Dommage, dans la lumière, en rouge Ferrari, il était magnifique...
Grasse, on y arrive finalement assez vite, on a pas vu le temps passer. Le paradis des parfumeurs, on voit des alambiques en cuivre partout, pour marquer les emplacements des plus grandes maisons. C’est beau, nous passons par le centre ville. Il va être temps de faire les courses cette fois. Chose faite, un panneau Cannes à 9 km nous indique que nous sommes près de la mer, c’est dit, on va sur la Croisette.Le balisage le long de la route.
Beaucoup de monde en ville, nous étouffons aux feux rouges, il est 13 heure, le soleil est au zénith, Cannes est dans un trou, il n’y a pas d’air, on monte très vite en température. Et puis plus un seul endroit tranquille pour manger. Il y a du monde partout. Une belle Goldwin majestueuse, devant moi, tourne à droite, je lui enquille le pas, c’est un couple de mon âge qui roule pépère, je ne sais où ils vont, mais je les suis pour le plaisir, dans les rues montantes, 1 km ou deux comme çà. Puis je vois un panneau Cimetière, je lâche la Goldwin, dans les cimetières, y’à de l’eau, on y est habituellement assez tranquille, et par chance, il est en hauteur, et il y a de l’air, une sympathique pelouse sous les pins parasols nous invite pour préparer notre repas, cuisson de nos pâtes sans gluten, de nos entrecôtes, petite salade de tomate, c’est le bonheur, je sors les 2 oreillers, et on se fait une bonne sieste dans l’herbe. Nos voisins ne sont, par principe, pas bruyants et le quartier est vraiment calme. Je m’endors comme un loir. Je suis réveillé par Jocelyn qui me secoue, et me montre par signe qu’il faut qu’il aille aux toilettes, je dormais si bien !!!
On redescend en moto, on arrive naturellement sur la Croisette, la plage est couverte de monde, c’est même pas très facile de garer la moto, il semble que les emplacements réservés aux deux roues soient incontournables, mais ils sont pas mal plein.Même pour une moto, c est dur de se garer à Cannes. C’est rare de chercher à se garer en moto. Et Jocelyn semble vraiment avoir très envie. Je finis par me garer, et Jocelyn se précipite directement dans la première porte qu’il voit, un hôtel de luxe, un de ces palaces typiques du coin au hall gigantesque, on n’est pas vraiment présentables, on dénote vraiment dans le décor. On ressort vite fait, en marchant un peu, assez vite pour Jocelyn, on trouve le quartier des restaurants, on se précipite chez un glacier qui longe la plage, et filons direct au toilette de l’étage...Ouf voilà une bonne chose de faite.Une petite glace pour Jocelyn sur la croisette.
Jocelyn n’a pas encore pris son dessert, un bon sorbet pour lui, et un bon café pour moi. Ça fait du bien, et Jocelyn est ravi. La note est plus que raisonnable, probablement la baisse récente de la TVA qui a été répercutée. Super. Une petite marche sur la Croisette, quelques photos, il va falloir penser au retour. La croisette...La plage de Cannes

La sortie de Cannes est franchement pénible à cause de la chaleur, et Jocelyn qui a eu une toute petite nuit commence, non pas à somnoler comme d’habitude, mais à vraiment s’endormir, je le sens lourd, il cherche à m’accrocher, passe ses bras autour de mon cou, essaie de les nouer autour, je les sens qui se relâchent ? Il s’endort vraiment. La situation n’est pas idéale, on est en ville, pas facile de s’arrêter pour se coucher sur le trottoir... je le secoue au feu rouge, je l’appelle et de fil en aiguille, je loupe ma direction vers Grasse, j’ai le GPS, qui me recalcule un retour sur la N85 par le D11. La D11 est une vraie tôle ondulée, peu large, heureusement sans personne à part nous, je fais gaffe à chaque virage, je reste à ma place car il y aurait difficilement la place pour deux, la tôle ondulée maintient Jocelyn éveillé. Je récupère la N85 et nous voilà arrivé à notre si beaux village de St-Vallier-de-They, Photo du très bel hôtel impérial, puis arrêt sur la place. Je sors le plaid et le met sur la pelouse, sort également un oreiller, et Jocelyn se couche. Il s’endort immédiatement... Jocelyn va dormir une heure complete sur la pelouse.J’ai le temps de me rafraichir, je m’assoie sur le muret prés de la terrasse du café ou atterrisse tous les motards qui viennent de faire la descente, et qui relatent leurs exploits ou aventures du jour sur la route Napoléon. C’est un super endroit. Les couleurs sont belles, il y a une super ambiance en cette fin d’après midi, les motos et les motards défilent, je suis bien...La fin de la journée, les motos redescendent de la route Napoléon.

Jocelyn va dormir une bonne heure sans bouger, il récupère. Au réveil, il est très en forme, je vois çà au super câlin qu’il me fait.Un gros calin.

Il nous reste 90 km à faire avant le camping, nous allons prendre cela tranquillement, personne ne nous attend et je décide même que nous mangerons au restaurant ce soir. Comme çà, pas de panique, on n’a pas de matériel à monter en arrivant, ca va être super peinard... D’un coup, je repense à cet article sur la route Napoléon, les pompes à essence sont rares sur la route, la Deauville n’est pas trop gourmande mais quand même, il va falloir que j’aille au moins jusqu’à Castellane pour trouver de l’essence, 70 km environ, si je tombe en réserve dans 20 bornes, je vais avoir un problème, je refais mes calculs, mon dernier plein était à bloc, je n’ai pas spécialement roulé vite, il doit me rester de quoi faire 50 km avant la réserve. Y’a un petit risque, mais je décide de tenter le coup. Je ne vais pas retourner à Grasse pour faire le plein. Et puis j’ai toujours ce petit tuyau de plastique de 1 m dans ma boite à gants, je pourrai toujours siphonner la moto d’un bon samaritain au cas où. Rassuré par ma réflexion, nous voilà parti...Les allemands aussi connaissent la route Napoléon.
La montée de Val Ferrière se fait en compagnie d’un groupe de 5 motos, des allemands qui montent à mon rythme. Eux aussi s’arrêtent souvent pour regarder et photographier les merveilles que nous découvrons après chaque virage. Je suis détendu, je reconnais chaque virage car j’ai fait la route en sens inverse le matin.Le col de Val-Ferrière Après ValFerrière, je croise une ambulance, puis les gendarmes... Je n’y fait que peu attention. Il y a tant à voir ? Et puis faut quand même se concentrer un minimum sur la route, mon plein m’emmène jusqu’à Seranon, magnifique, il y a une station essence, impeccable, je ne suis même pas en réserve. En payant, il y a des gens qui discutent, et je comprends qu’un accident de moto vient de faire un mort, la vitesse sans doute, disent-ils. De toute façon, pour les gens c’est toujours la vitesse... cela explique l’ambulance et la gendarmerie que j’ai croisé. On pense toujours un peu à l’accident, et puis on oublie...Ainsi est faite la vie du motard et aussi de beaucoup d’autre gens, sans doute.

On arrive assez vite ensuite à notre camping où l'on aime les motards, mais où il y en si peu !
Bien fatigué quand même par notre périple, Je rentre sur l'emplacement au ralenti, met la béquille sur la "calebrèle", et descend de moto, aie, aie, j'ai quand même assez mal aux fesses. C'est la première fois sur cette moto, après trois jours cela me parait normal, mais il reste une journée, et quand le mal de fesses apparait, il revient très vite ensuite au jour le jour. Ma femme et moi en avions fait l'expérience lors d'un ancien voyage en Angleterre avec une 250 Honda XL. Nous avions mis cela sur le compte de la selle du trail, mais en fait, il apparait que non. La selle n'est pas la seule en cause, car celle de la Deauville est plus que correcte, large et parfaitement réglée en fermeté. Non, la cause en est la répétition, rouler tout les jours sur une bonne distance crée à force un mal récurent aux fesses. Voilà c'est dit.
Il est déjà le soir, c'est notre dernier soir, je demande à Jocelyn s'il veut manger des frites ? Grand sourire jusqu'aux oreilles : <Ho oui> me répond-t-il. Le camping propose un repas abordable, et l'ambiance très familiale du camping est plutôt sympa. Nous voilà à la terrasse, nous prenons notre temps, la table voisine des propriétaires du camping et de leurs amis qui viennent les aider, des jeunes, est très animée, on ne s'ennuie pas.

On se couche tranquillement, Jocelyn dort assez vite, et moi aussi, nous laissons la porte de notre tente ouverte car il fait bon. Nous avons la tête sous les étoiles...Le petit trépied est accessible en toute circonstance, bien pratique.

Je rêve de notre voyage sur Cannes, les vagues sur la méditerranée sont faibles comme chacun sait, nous sommes couché sur la plage, tout à coups une énorme vague nous couvre totalement, c'est comme dans Brice de Nice quand il rencontre la vague ultime..... Je ne rêve plus, Je suis réveillé et je suis mouillé, la pluie tombe drue dans notre tente, la porte est ouverte, nous avons la tête quasi dehors, c'est un orage, mal réveillé, un peu paniqué, j'arrive toutefois à fermer la porte de la tente ce qui réduit un peu l'infiltration d'eau, Jocelyn aussi est réveillé et se demande bien ce qu'il lui arrive. En plus, nous n'avons pas de double toit, il y avait une chance sur deux pour que le temps tienne jusqu'à notre retour, loupé, on va être mouillé et bien mouillé. Déjà il y a pas mal d'eau dans la tente, nos affaires touchent la toile sur les cotés et cela fait 2 cm d eau au fond de la tente.rentrer l'eau, je récupère ce qui est encore sec, je met le tout à la va-vite sur le matelas, je centre au mieux le matelas dans la tente, je décolle Jocelyn de la paroi, car il a le derrière qui frotte sur la toile, et l'eau rentre. Je remet au mieux notre grand duvet (le mien) sur le tout. Jocelyn, nos affaires, tout du moins celles qui sont à peu près sèches, et moi, on se cache complètement sous le duvet et on attend. Je récupère mon téléphone, il est 4h17 du matin, la nuit va être longue...

Chaque floc d'une goutte d'eau sur la toile, sans le double toit, provoque par le choc une petite infiltration dans la tente qui tombe sur notre duvet. Nous ne pouvons qu'attendre... Dans les caravanes voisines, personne n'a l'air de bouger, je ne me remémore pas d'abri dans le camping où nous pourrions nous réfugier si les choses s'aggravaient.

La pluie semble se stabiliser et même se réduire en goutte plus fine, Du coup, il en rentre moins dans la tente...

Les flocs, flocs continuent doucement, régulièrement, ils nous bercent, le duvet semble assez bien résister, on s'endort....

Chance, notre réveil n'a lieu que vers 7h00, il ne pleut plus, il y a 2 à 3 cm d'eau dans la tente, le matelas flotte au milieu avec les quelques affaires sauvées in extrémis de l'humidité, nous avons tenus la nuit, c'était notre dernière nuit. Tout n'est pas si mal...

Nos voisins du camping-car, réveillés eux aussi, nous apportent le café, il est le bienvenu, réchauffé par le liquide et par l'attention, nous voilà souriant pour la journée, y'a du boulot quand même..

Quel bazar !J'étale toutes les affaires mouillées sur la moto, dans les arbres voisins, je fais le tri entre le récupérable et ce qu'il faut jeter. Je vide complètement la tente, Je désolidarise la tente du sol et la renverse pour en vider l'eau, elle garde sa forme, je la laisse égoutter.Séquence égoutage et sechage.

Mon tempérament prend le dessus, il y a un bon chalenge pour ranger tout ca au mieux sur la moto, je décide d'aborder cela pas ordre. J'avais pris la précaution hier soir de laisser des choses dehors avec un plastique dessus au cas où, la bouffe est sauvée, l'appareil photos, les papiers aussi, et aussi nos bottes, tout ne va pas si mal, j'ai même des sacs plastiques qui sont resté secs. Ils me servent pour ramasser et ranger les affaires sèches séparées du mouillé, je charge au fur et à mesure sur la moto. Ça prend du temps mais cela avance bien. A 9h00 il ne reste rien, sauf nos pantalons mouillés sur la branche d'un arbre, ils se sont égouttés, mais ils sont loin d'être secs, et comme nous n'avons que ceux là, va falloir nous en contenter.Les pantalons sont trempés. Pas facile à passer, screugneugneu, c'est mouillé, Jocelyn fait la moue et s'interroge bien pourquoi il faut mettre ce pantalon mouillé et sale, bah, dès qu'il sera chaud, ca ira mieux, on est en été quand même. Puis après en roulant, ils devraient sécher rapidement.Les bottes sont sèches, elles avaient un sac plastique de protection.

Ouf, nous voilà partis, je me détend sur la moto en roulant au pas dans le chemin qui nous conduit sur la N86. On s'en est bien sortit avec cette histoire de double toit manquant sur la tente.
Le retour se passe sans problème, le coeur joyeux, et la tête pleine de souvenirs. L'appareil photos rempli de photos, Jocelyn est heureux, après ces quatre jours, de retrouver sa maman, et sa maison. Nous roulons tranquillement, nous prenons le temps, les paysages sont magnifiques aussi en remontant, nous achetons à manger pour un dernier piquenique, je suis maintenant complètement sec, petite sieste avec Jocelyn le long d'un gave, et départ pour le rush final, pause gouter à la terrasse d'un café à quelques km de Grenoble, il nous reste une centaine de kilomètres qui seront avalés dans les deux prochaines heures...
Le paysage de retour.
Brave Deauville, mis à part le petit problème de batterie, elle ne nous a pas trahi, elle s'est toujours montré prompt à répondre à nos sollicitations, malgré une charge conséquente et un circuit exigeant, une chaleur importante sur Cannes, et un retour humide, elle s'est montrée à la hauteur de sa réputation de petite GT.
A 100 km de la maison, dernière pause.
Brave Jocelyn, qui parle, qui me répond, communique, la moto est vraiment un plaisir pour lui. Lui que ne tient pas en place sur la terre ferme se montre particulièrement à son aise sur la moto, semble toujours en redemander, s'endort en toute confiance, regarde le paysage sans réaction particulière, mais comme il ne semble pas s'ennuyer, je me dit que cela lui plait. J'espère qu'un jour il sera capable d'exprimer plus ouvertement ses émotions. Mais faut pas trop en demander, vivre au jour le jour avec lui, recevoir ce qu'il nous donne comme un cadeau, et basta, cela me suffit... C'est déjà un tel cadeau qu'il nous permette de vivre une aventure comme celle-ci. Ou irons-nous la prochaine fois, comment sera-t-il ? Aura-t-il encore évolué, Nous verrons bien.
Ah voilà la maison, je gare prudemment une dernière fois la Dove, coupe le contact, enlève mon casque, Jocelyn en fait de même, sa maman nous attends, nous avons tant à raconter...Jojo et moi sur la moto.

Je suis heureux...Le circuit.

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Profil de Patrice61500infos Article de Patrice61500.
Bon bricoleur, j'aime la mécanique Moto, tous les métiers du bâtiment, surtout le bâtiment passif (maison à énergie positive), l'informatique et la musique. Roule en Deauville 650 de 2002 grise, en cb350 Four Honda de 1972 et XZ 550 Yamaha de 1983

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Créé le 09-01-2010 à 15h38.
Modifié le 07-04-2010 à 14h44.

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