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2009 Les Vosges - Suite en photos...

La ligne bleue des Vosges
Dans l'épisode précédent, les protagonistes de cette expédition vous ont été sommairement présentés.
(entre nous, pour une certaine que je ne cite pas « sommairement », c’est encore de trop)

Les lieux, les endroits traversés, les paysages ont besoin de l'image pour être mis en valeur.

Les mots ne sont pas assez forts pour exprimer la dureté des épreuves imposées.

De plus, les images sont la preuve de la véracité de tous ces dires et de toutes ces situations vécues..

Et puis, une belle photo, vaut tous les beaux discours.....

Pour ne pas surcharger ce récit et ne pas lasser le lecteur, une galerie photo complète (via un lien « Picassa » picasaweb.google.fr ) retrace l'intégralité de cette sortie.

Dans cet article, seules quelques photos significatives sont associées aux différents commentaires.

Pour ceux qui n'ont pas suivi le récit précédent, quelques clichés de l'arrivée des premiers motards au Val d'Ajol.Le Val d Ajol

Sur l'encart en haut à gauche, Jean Michel explique à Philippe comment on descend d'une Pan 1300 (simulation, elle était déjà tombée 2 fois au court de la journée), il faut tenir fermement le guidon, puis d'une torsion brusque du bassin, passer la jambe par dessus la selle en s’assurant bien que la passagère est déjà descendue de la moto.
En arrière plan, on devine Marie Claire qui se tient les côtes. Son corset la gène (2 côtes fêlées - 1 coup de talon de botte pointure 44, çà fait du dégât...)

Sur l'encart en haut à droite, c'est au tour de Philippe d'expliquer à son assemblée, comment on descend une bière. Il convient de tenir fermement le verre et d'un mouvement ample du coude, porter le bock à la bouche en inclinant brusquement la tête en arrière puis jeter le verre par dessus l'épaule.
D’ailleurs, lui aussi a 2 côtes cassées, mais ce n’est pas à cause d’un coup de botte mais suite à une chute dans les escaliers, après la 8 ième chope de bière.

Sur la photo de groupe, en bas, (pub gratuite), l'ambiance qui régnait à la table de notre hôtesse. Sur les autres photos, il est à remarquer la vue que nous avions depuis les chambres.

Voilà, maintenant que le décor est posé, concentrons nous sur la sortie du 02 Mai 2009.


Le rendez-vous des téméraires a lieu devant la gare de Remiremont.
Romaric Mont plus exactement, à cette époque, les chanoinesses et les abbesses régnaient sur la cité. (tient, çà me fait penser que chez moi, ce n'est pas moi qui commande, Nadine doit avoir certainement du sang de chanoinesse dans les veines...De mon coté, c'est plutôt du chanoine kir que l'on descend..).

Bref Remiremont c'est dans les Vosges, Les Vosges c'est des monts, des grosses flaques d’eau et un gros tas de bois. Ce n'est pas la plus riche région de france. J'en ai la preuve.
Le Rendez-Vous

J'ai immortalisé notre rencontre, sur cet instantané, outre la belle motocyclette noire judicieusement mise en valeur par un soleil généreux, on découvre, en haut à gauche, la locomotive qui assure la liaison Paris/Remiremont.
Cette région ne profite pas de la modernité de la technologie française...que nous réserve l'état du réseau routier??
Les réservoirs sont pleins, les passagères confortablement installées et les pilotes en file indienne derrière Pascal et Laurence n’attendent plus que l’ordre pour s’élancer à la découverte des Vosges.

En fait, les 12 premiers Kms ne posent pas de problème, la nationale, (encore récemment entretenue par l’état), que nous parcourons ressemble à une route communale de la principauté de Monaco, propre, balisée, goudronnée.

Soudain au 12ième kilomètre, alors que nous devons quitter cet axe principal, un arrêt brutal de notre ouvreur. Perdu ??
On comprend rapidement son désarroi, dès que l'on quitte la civilisation, dans Les Vosges, toutes les routes forestières se ressemblent, on a beau être originaire de la région, si l'on n'est pas équipé d'un Tom Tom ..une randonnée peut tourner au drame. Le vosgien appréhende la technologie du 21èime, il reste fidèle à sa carte Michelin de 1966 qui n’indique que 2 chemins alors que nous nous trouvons devant une patte d’oie, offrant 3 possibilités.
On sent l'inquiétude dans le regard de Laurence, Pascal veut prendre à gauche, Dominique à droite...il est déjà 11h et il nous reste 230 Kms à parcourir. A ce rythme, le repas de midi, on le fera le soir.

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais Pascal avait sollicité la présence dans notre groupe d'un baroudeur, d'un homme habitué aux situations d'urgence. Et bien, ce fût le cas, notre première destination est le lac de Gérardmer, Philippe, d'un geste ample, nous montra la route du centre et nous certifia que c'était la bonne. Surpris d'un tel aplomb Pascal vexé lui demanda pourquoi ce choix.

Alors là, Le belge c'est un malin, je site ses paroles " l'eau descend des montagnes pour aller se jeter dans la mer via les lacs et les rivières, vous voulez aller au bord d'un lac, alors il faut prendre la route qui descend et non pas celles qui montent"
Impressionnant non ??

La caravane se remet en branle, par une jolie route entre les monts nous arrivons au bord du Lac de Gérardmer et continuons vers un autre Lac celui de Longemer, mais là Pascal ne se perd pas, il a retenu la leçon. Nous descendons toujours, après la traversée des égouts, des puits de captage, nous arrivons à destination.
Que ce soient Gérardmer ou Longemer, la vue est superbe, les forêts se reflètent sur les lacs. C’est dans ce magnifique cadre que nous posons pour la postérité.
Le Lac de Longemer
Le temps passe, midi approche, nous repartons en direction du Valtin.

A l'entrée de la vallée du Valtin, dans un cadre verdoyant, nous garons les motos, sur un vaste emplacement, délimité au nord par une roue à aubes. Le restaurant, vu de l'extérieur parait fort agréable.
L étape du midi
Seul bémol, il n'y a pas sur le parking de camionnettes bleue et orange. Par expérience, l'EDF et la DDE entre autres, sont de fines gueules et mangent copieusement à prix raisonnable.

Donc, avec curiosité, nous franchissons la porte du restaurant. A notre grande surprise, la salle à manger est remplie de personnes du 3ième âge (que des retraités de l'EDF et de la DDE).
La carte postale qui accompagne ce paragraphe représente entre autre les menus qui nous ont été proposés.
Simplement, s'il en est parmi vous qui aimez la terrine maison, vous éviterez de prendre cette entrée qui n'est composée que de crudités et accompagnée d'un carpaccio de "pâté".

Quand au reste pas de problème, Laurence et Pascal nous ont dégoté une bonne adresse à se rappeler.
Ah, j'oubliais, évitez aussi le plateau de fromages...ben moi pas de bol, j'avais pris "Pâté et fromage" du coup pendant la photo des plats, j'ai attaqué la viande de ma voisine (M.C).
L'ambiance est conviviale et le temps passe au rythme de la DDE. Il est presque 15h, nous sortons du restaurant et là, le déluge.

Le Déluge
Le déluge, dans les Vosges, c'est quelle chose. juste derrière nos motos, les pluies diluviennes ont emportées une partie de la forêt de sapins.
Vous admettrez que la sélection à cette sortie était nécessaire, car c'est dans ces conditions que devons continuer notre route vers "Le Collet", "la Bresse", la route des crêtes pour rejoindre "Le Honneck".

A quelques kilomètres du Honneck, sur les petites routes détrempées, le doublement des véhicules dans la brume et sous la pluie battante n'est pas évident.

Philippe, voulant suivre les 3 premières motos, entame le dépassement d'une Xantia.
Là, il connaît un grand moment de solitude. Sur 150m, il reste à côté de la voiture et réussit juste avant une courbe serrée à se rabattre. Cet exploit achevé, Philippe ne quitte plus la route des yeux et fait complètement le vide autour de lui.

Les trophés de PhilippeTellement concentré sur sa conduite, figé, il ne fait aucun écart pour éviter les grenouilles qui profitent de la pluie pour traverser les routes de montagne.

Moi qui roule décalé derrière Philippe, je compte plus de 135 grenouilles écrasées. Quel gâchis !

Comme si le mauvais temps ne suffit pas, en plus, nous, les suiveurs, devons éviter les cadavres des grenouilles en laissant toutefois le soin à Jean Michel avec ses 350kg (pas Marie Claire ...la Pan 1300) d’achever les grenouilles sérieusement blessées...





Enfin nous sortons des vallées et entamons la montée vers "Le honneck".

Pour y arriver, il faut prendre sur soi. La température en quelques centaines de mètre perd 15° et les vents soufflent à 160 km/heure.
Pour nous encourager lors de cette escalade, Pascal nous assure qu’une fois arrivé à son sommet, on y découvre une vue à 360° qui s’étend à l’infini.
Les clichés qui vous sont présentés en sont la preuve. Ce n’est qu’un piège à touriste, visibilité 50m et de plus, il n’y fait éventuellement beau que le matin entre 8h et 8h15mn. Pour comprendre la vue à 360), je suis obligé de vous la décrire.
Les 4 Points CardinauxLe Honneck
En fait le massif des Vosges offre un profil très dissymétrique. Il oppose d’une part le Sud cristallin et le Nord gréseux, et d’autre part l'Ouest en pente douce et l'Est accidenté et tombant vers la plaine d'Alsace.

Nous avons immortalisé cette escalade, les visages photographiés montrent le degré d'épuisement (surtout Marie Claire, elle est montée à pied, la Pan ne pouvant gravir les 150 derniers mètres de sentiers boueux « toujours à cause du poids !!! »).Ils l ont fait.
Seulement 100kms ont été parcourus, il en reste 140 avant le retour à Remiremont.

Nous ne nous attardons pas très longtemps sur le sommet du monde. A tout moment les bourrasques de vent peuvent précipiter nos motos dans le vide (sauf la Pan ...).
Toujours sous une pluie battante et glaciale, nous descendons en direction de La Schlucht côté alsacien ou nous faisons une halte salvatrice.
Une pose entre 2 averses
Un timide et éphémère rayon de soleil nous réchauffe. Cette halte permet de voir que le niveau de complicité qu’il règne entre les membres du groupe n’est pas altéré par la rudesse de l’épreuve climatique.
Forts de cet état d’esprit, nous repartons vers la dernière étape qui est la visite d’un village typique alsacien. (Une astuce, un village alsacien typique se reconnaît aux nombres important de Bmw, Mercedes et autres Audi immatriculées en Allemagne qui stationnent n’importe où).
Une étape culturelle
Avant d’arriver à Riquewihr, nous avons traversé les vestiges d’un champ de batailles « Le Linge - 1915 ». Respect.
Quelle connerie cette guerre, des millions de morts, toute une génération anéantie...
On se vide la tête en cheminant sur de sinueuses routes qui nous amènent sur la plaine de l’Alsace.
En règle générale, lorsque le commun des mortels décide de visiter la plaine d’Alsace, les vignobles et les villages typiques, il ne prend aucun risque.
Le soleil est toujours de la partie pour mettre en valeur les couleurs des façades des habitations et rendre le vin d’Alsace si prisé.

Ben nous pas de chance, habituellement les monts des Vosges bloquent les nuages d’où la faible pluviométrie relevée en Alsace, on visite le village de Riquewihr sous des trombes d’eau et la pose café, toujours dans la bonne humeur (sauf Marie-Claire, c’est elle qui a payé) se fait à la terrasse d’un bistrot, recroquevillé sous un minuscule abri. On fait rapidement un aller-retour dans la rue principale sans trop s’attarder car la nuit tombe, il est 18h et il reste environ 90 Kms de route.

Le retour sur Le Syndicat se poursuit en direction de Lapoutroie en passant devant le magnifique spectacle qu’offre les cascades de la fonte des neiges qui se jettent dans le lac blanc.
Tellement magnifique que Philippe, le Belge, l’oeil rivé sur le paysage, quitte la chaussée sur sa droite en fauchant 2 à 3 marcheurs, et sur une bonne centaine de mètres les pieds au sol tente désespérément de remonter sur la route goudronnée en projetant des gerbes de boues (faut dire qu’en Belgique hormis le Mankenpis, les cascades...). Si par hasard, vous organisez une sortie moto où s’inscrit Philippe .... Annulez là ...

Les 80 derniers Kms, sans la pluie, ne doivent être que du bonheur, Pascal nous fait reprendre le Col de la Schlucht et par l’autre côté de la route des Crêtes, le Col du Bonhomme qui nous amène vers Gérardmer et par le haut du Tôt au Syndicat, domicile de Laurence et Pascal.
L arrivée au Syndicat
Il est 19h30, les compteurs affichent 242 Kms, sauf pour celle de Philippe (241 - beaucoup de tout droit) et 243 pour Jean-Michel (slalom par achever les grenouilles et nombreux guidonnages dûs aux gesticulations de sa passagère). On est comptant de se poser, surtout Pierre qui est le seul à avoir fait l’intégralité du parcours sans tenue de pluie. La gentillesse de nos hôtes, par le prêt de vêtements chauds, évite à certains et certaines la tétanisation.

Voilà, tout le monde c’est mis à l’aise, on termine de se réchauffer autour de Picon bière ou blanc d’Alsace et de saucisson lyonnais, on se remémore quelques anecdotes et tous, on oublie qu’il a plu tout l’après-midi.

Pascal sort le barbecue, Laurence dresse la table, installée dans le garage et là, commence la troisième mi-temps. Après l’effort, le réconfort. Laurence nous régale, Pascal assure au barbecue, et nous on fait honneur à nos hôtes.
L étape du Soir
On mange tout ce qui nous est proposé, on boit presque tout ce que chacun a amené, on pousse même le vice, après le dessert de Laurence, d’accompagner le café de quelques succulents chocolats belge.

La soirée avance, il est presque minuit. Dominique, Nicole, Pierre doivent rentrer sur Nancy, Jean-Michel, Marie-Claire, Philippe, Nadine, Eric remontent au Val d’Ajol à la ville fleurie.

La nuit est claire, il ne pleut plus, on quitte Pascal et Laurence.

Pour finir en beauté cette journée, je décide d’ouvrir la route pour profiter au maximum de cette belle nuit dans les lacets des Vosges.

Ben non, mon suiveur c’est Philippe. Il est équipé d’un phare au xénon. Je finis les 20 Kms qui nous mènent à notre chambre d’hôte avec son projecteur dans le dos, un calvaire... Vivement demain ... qu’on rentre à Dijon ...


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N° Article : 530
Article lu 4402 fois.
Créé le 11-05-2009 à 22h19.
Modifié le 25-05-2009 à 22h20.

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