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La mise sur remorque d’une NTV, seul ou à deux

Il arrive toujours un jour, fatal ou heureux, où il faut mettre la brêle sur remorque : pour l’emmener en révision parce que c’est trop loin pour rentrer à pied, pour la ramener de chez le vendeur, pour partir en vacances, pour la mettre à la casse, etc …

Comme m’a dit mon concessionnaire quand il m’a vendu ma dernière moto, « fais-toi aider, seul c’est impossible ». Mais non, ce n’est pas impossible, c’est juste une question d’astuce et de mode opératoire. Cela dit, pour ceci comme pour bien d’autres choses, à deux c’est mieux.

Ce qui suit suppose que la moto soit roulante, c’est-à-dire que les roues tournent et que le frein avant fonctionne.

On trouve, en neuf ou en occasion, de très nombreux modèles de remorques à moto. Il existe aussi des solutions simples pour transformer une remorque bagagère pour le transport d’une moto. Le principe de base est qu’elle comporte un ou deux rails pouvant porter chacun une moto, une butée empêchant la moto d’avancer, et une rampe amovible. Il y a aussi des œillets permettant de fixer les sangles à l’avant et à l’arrière. Il est important de veiller au choix de la remorque : trop usagée, avec des amortisseurs fatigués, des œillets dessoudés, des rails tordus, une rampe écrasée, une signalisation défectueuse, elle fera les délices du gendarme, mais sera en plus dangereuse pour son chargement. Au prix de la moto de vos rêves, ça fait frémir. Il faut également veiller à dimensionner la remorque au poids de la moto à transporter. Nos NTV, et a fortiori les grosses GT, sont lourdes. Les remorques les plus légères, prévues pour porter 200 kg, sont insuffisantes. L’échantillonnage du châssis et les amortisseurs sont trop faibles. Celle que j’ai utilisée était donnée pour 300 kg.

Pour que l’opération se déroule facilement, un peu de préparation est nécessaire :

La préparation

- Il faut disposer d’un espace suffisant, en prenant en compte la longueur de la voiture et de la remorque, et le dégagement suffisant pour présenter la moto en ligne droite. Penser à orienter le tout dans le sens de la sortie, faute de quoi on aura la joie d’expérimenter la marche arrière avec une remorque, ce qui laisse généralement pour longtemps des souvenirs aux débutants.

- choisir un espace bien dégagé et plat.

- atteler la remorque. Avec un peu d’esprit d’aventure, on peut être tenté de monter la moto sur la remorque, de tout fixer, et de n’atteler qu’au moment de partir. Grosse erreur ! Sauf à avoir envie de casser du bois voire de finir à l’hôpital, ne surtout pas tenter cela. Avec une mobylette, pourquoi pas, mais avec une moto de 200 kg et plus, on oublie ça. On attelle d’abord, on monte la moto après ! A quoi ça sert ? Eh bien à tenir la remorque bien sûr ! Donc, on attelle, on enlève la barre qui porte la plaque d’immatriculation (sur cette remorque, elle s’escamote en pivotant), on dévisse les attaches de la rampe qu’on installe en veillant à ce qu’elle soit bien retenue par ses ergots.

- préparer les sangles. Théoriquement trois suffisent : une de chaque côté et une pour tenir la roue avant sur l’arceau de butée. En pratique, il est plus sûr d’en mettre 2 par côté. Les sangles utilisées ici comportent un crochet à chaque extrémité, et sont tendues par un levier à cliquet. Il faut les monter, les pré-positionner sur chacun des 4 œillets. Si on n’en installe qu’une, c’est celle de l’avant gauche qui est la plus importante. On va voir pourquoi.

- préparer des tampons (chiffons, plaques de feutre, vieilles éponges, etc …) qui serviront à protéger les carénages du frottement des sangles.

- préparer la moto : éliminer tous les poids inutiles, ce sera toujours autant qu’on n’aura pas à pousser tout à l’heure. Enlever les sacoches, les trousses à outils, voire la selle.


La montée de la moto

Petit tour d’inspection pour vérifier que tout est en ordre, l’attache de remorque bien encliquée sur sa boule, la rampe bien installée, la sangle bien disposée, et on y va.

- Amener la moto derrière la remorque, exactement dans l’axe de la rampe.

- Se positionner à gauche de la moto et la tenir par les poignées du guidon, la main droite sur le frein avant.

- Commencer à monter la rampe. Il y a ici deux écoles : moteur allumé ou moteur éteint. On pourrait croire que le moteur peut faciliter la manœuvre. En réalité, il vibre et tend à déséquilibrer la machine alors que son centre de gravité est très haut et que vous avez du mal à la tenir. Par ailleurs, l’essentiel de votre contrôle se fait par la main droite, malheureusement celle qui tient la poignée mobile de l’accélérateur qui est en ce moment actif ; gare aux mouvements de poignet incontrôlés ! Dès que la roue arrière est sur la rampe, arrêter le moteur d’un coup de pouce sur le coupe contact, débrayer de la main gauche et finir en poussant. Si vous connaissez bien votre brêle, que vous l’avez souvent déplacée à la main, que vous avez bien conscience de la répartition de ses poids, il peut être plus simple de la pousser moteur éteint. Comme la rampe est courte, avec un peu d’élan, ça monte facilement et on contrôle bien. L’important, c’est la roue avant qui doit rester bien dans l’axe du rail. Si le coup est raté, ce n’est pas grave : on serre le levier de frein avant pour arrêter le mouvement, on laisse redescendre doucement en contrôlant, … on souffle un peu et on recommence. Attention à ne pas se prendre les pieds dans les barres de châssis de la remorque. En fait, c’est plus facile avec une remorque à deux rails, car le rail gauche est très près de la roue et on ne l’a donc pas dans les pieds.

- Dès que la roue avant touche le fond de l’arceau de butée, laisser la moto pencher très légèrement vers vous, la contrôler de l’épaule contre le réservoir. De la main gauche, attraper la sangle avant gauche déjà préparée, et tourner le crochet autour de la pliure du guidon.



- Tendre la sangle en laissant provisoirement du mou, ce qui permet de repousser la moto vers la droite. La moto doit désormais pencher légèrement à droite, retenue à gauche par la sangle. Le plus dur est fait. Vous pouvez désormais circuler autour de l’attelage pour ajouter les autres sangles.



- Installer d’abord la sangle de retenue de la roue avant. Il s’agit de faire quelques tours terminés par des clefs autour de la roue et de l’arceau, le bout de la sangle avant gauche peut faire l’affaire.



- Installer ensuite la sangle avant droite, sans la serrer.

- Revenir à la sangle avant gauche, la serrer pour ramener la moto à la verticale parfaite.

- Equilibrer la tension des deux sangles latérales pour que la moto soit verticale, tout en assurant une mise en pression suffisante des suspensions avant. Ne pas hésiter à tendre fortement.

- Placer les sangles arrière, autour des poignées passager, ou du porte paquet. Mettre également en forte tension pour écraser l’amortisseur arrière.

- Avant d’avoir tout serré à bloc, placer aux endroits de frottement des sangles des tampons de protection.

- ranger les bouts de sangles qui traînent en s’assurant qu’elles ne vont pas battre au vent pendant le voyage (comme dans un bateau, « les écoutes doivent être claires »).

- Ranger la rampe, remettre la plaque d’immatriculation en place,

- Vérifier que la prise électrique et la chaîne de sécurité sont bien accrochés à la voiture, que la pression des pneus est correcte.

- C’est prêt pour le départ.





La descente de la remorque

Procéder exactement à l’inverse :
- installer la rampe,

- détendre un peu la sangle avant gauche,

- défaire toutes les sangles sauf l’avant gauche

- attraper la moto par le guidon, la faire pencher vers soi, retirer la dernière sangle, et la faire reculer lentement en contrôlant par le frein avant.

- Dès que la moto est sur le bitume, la poser sur la béquille latérale, et ranger la remorque.


Et à deux ?

Le mieux est quand même d’avoir un copain costaud qui participe à l’opération. Son rôle, à la montée comme à la descente, va être de sécuriser la manœuvre en tenant la moto par le porte-paquet pour la pousser sur la rampe et la maintenir à la verticale pendant que vous mettez ou enlevez les sangles. De toutes façons, commencez quand même par la sangle avant gauche, ça libèrera plus vite les bras du copain qui vous en saura gré.


Et avec d’autres motos ?

La même semaine, j’ai mis sur la même remorque une Honda Pacific Coast et une Kawasaki GTR 1000, créditées respectivement de 250 et 300 kg. J’avoue n’avoir pas tenté le diable et m’être fait aider. Je suis pourtant convaincu que la manœuvre seul est également possible, mais seulement à la condition d’être entraîné au poids de ces motos et à leur masse. Contrairement à la NTV donc j’ai l’habitude, je les connaissais trop peu pour y parvenir.


Dans l’opération, la taille de l’opérateur est probablement plus déterminante que son poids, puisqu’il s’agit essentiellement de contrôler l’équilibre de la moto. D’une taille trop petite, on aura du mal à la tenir par le guidon. Les grands sont avantagés. Je mesure 1.78 m pour 90 kg.

Eviter de faire ça dans la précipitation et l’énervement, et prévoir une demi-heure.




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Créé le 15-01-2008 à 22h24.
Modifié le 31-01-2008 à 18h59.

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