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17 motards heureux dans le temple de l'automobile : Loheac 2007

17 motards heureux dans le temple de la voiture, Lohéac, lundi 9 avril 2007

Papaours en a rêvé, on l'a fait : se retrouver à Lohéac (Ille-et-Vilaine 35), près de Rennes, pour :

- aligner les brêles sur le parking et faire la photo de groupe. Je sais, c'est un cérémonial idiot, mais on ne peut pas s'en empêcher, c'est du TOC (trouble obsessionnel compulsif). Deux motards lambda qui se rencontrent te collent leur tire n'importe où en vrac sur un trottoir, les boeufs ! Deux Deauvillistes te les mettent côte-côte, histoire que les vrais connaisseurs puissent voir que la mienne est clairement la plus smart et d'ailleurs la seule correctement entretenue, celle de l'autre c'est pas pareil, y fait des efforts le pôvre faut pas lui jeter la pierre, mais y peut pas lutter. 17 Deauvillistes t'occupent éhontément l'espace, te la jouent façon tribu histoire de démontrer à la populace esbaudie qu'on n'est pas les premiers venus, et que si tu me cherches les crosses j'appelle ma bande.

D'ailleurs, le premier principe d'une réunion de Deauvillistes n'est pas de trouver le restau, mais le parking. L'en faut un grand, beau, bitumé, avec un cadre sympa et le restau pas loin. Ben oui, d'abord une brêle ça prend de la place, donc 15 brêles ça prend 15 fois de la place. Et puis il faut du recul pour prendre la photo, pour serrer la main des copains, faire la bise aux épouses, aux femmes, aux cousines, aux copines, aux maîtresses des copains (ce n'est pas qu'ils soient partageurs, d'ailleurs généralement ils ne le sont pas, les hyènes, mais on ne sait jamais, ça fait une entrée en matière ...).

Evidemment, on ne fera jamais mieux que Stef91 qui nous a réunis en février à Epinay-sur-Orge sur un parking de 300 places vides ; pour les photos, y avait le recul, ça allait. Là, on sentait que Papaours avait dégainé son décamètre juste avant : c'était comme qui dirait que le parking aurait été moulé autour des motos, c'était juste bien, avec juste le soleil qu'il fallait, le restau à 100 m. Ah oui, j'allais oublier, il est acceptable que le restau ne soit pas pile en face des motos, car en tant que Deauvillistes nous restons de grands sportifs, et un petit 100 m (pas plus, faut pas exagérer non plus !) avec les copains en moule-boules cuir noir et chemisette bleue imprimée "Deauville", casque sous le coude, déambulant négligemment avec la démarche chaloupée du motard qu'a pas mis pied à terre depuis le lever du soleil, ça vous a quand même de la gueule.

Bon, mais je me disperse là, on en était encore au parking. Normalement, si on était sérieux comme les cousins Germains, on les aurait alignées nickel, nos bécanes. Ben nous non, nous on est Français, donc constitutivement un peu bordéliques, pas assez pour que ça fasse torchon-chiffon-carpette, mais suffisamment pour laisser place à la créativité individuelle au sein du groupe. Donc, il y a eu un geste artistique collectif, impromptu (ça veut dire "pas préparé" mais j'aime mieux "impromptu", ça fait classe, je le case partout) et génial. Ca a fait un joli patchwork de couleurs aléatoires (totalement involontaire, je le jure), si joli que personne n'a éprouvé le besoin de refaire le rangement. En plus, on s'est démerdés pour bien mélanger les différents modèles, c'était pour faire une farce aux gens du pays.

Y en avait même une qu'était jaune et qu'était pas une Deauville, et une autre qui ressemblait à une Deauville mais qu'en était pas une non plus, on vous a bien eu, hein ! Avec ça, les dix premiers arrivés se sont rangés à peu près correctement, avec un sens louable de l'équidistance (là pareil, j'aime bien le mot, ça fait culture géographique), mais en veillant particulièrement à l'indécision du sens des roues avant (toujours ce sens inné de la créativité). Arrivés bons derniers (normal, on sortait de l'apéro chez JC, ouais on fayote et alors t'es pas joyce ???), on a jaugé la situation au premier coup d'oeil, jugé que c'était déjà un peu trop rangé, et versé la dose d'humanité nécessaire. Sans même s'être concertés, on s'est casés de manière à rompre la monotonie topographique (faut croire que certains sont moins doués que d'autres pour la marche arrière).

belle alignée de Honda Deauville et une Ntv carenée On était quand même tous d'accord sur un principe essentiel : l'angle de station au repos. Sachez en effet, amis béotiens, qu'il existe deux angles possibles en dehors de la station couchée genre "cheval mort" généralement très néfaste : parfaitement vertical et à 70 degrés. Pourquoi deux ? Et bien d'abord parce que c'est comme ça, et d'une, et de deux parce que comme ça tu as le choix, et ensuite parce qu'on a le droit à deux béquilles quand on est sage. Sur la centrale, ça te met la brêle toute droite, elle a l'air con mais quand tu poses le casque dessus, ça tient ; sur la latérale, ça te la penche joliment à gauche, ça fait classe, mais pose surtout pas ton cax ou alors il va tomber et ça porte malheur. Je développerai ce sinistre aspect de la vie motarde une autre fois, arrête de détourner la conversation ! Donc normalement, on la met toujours sur l'angle, ça fait croire que sur la route tu penches aussi dans les virages, même que si mon pneu est retaillé au carré c'est parce que je fais trop de départs canons au feu rouge. Et alors on a tous mis la dalle en pente, sauf un dont je tairai le nom par charité chrétienne et aussi par prudence parce qu'il est plus costaud que moi. Je suppose que c'était pour rajouter la touche d'esprit contestataire si parfaitement gaulois. Et pour te dire la puissance du génie collectif, on a réussi à former la "hola wave" sans préparation ! Regarde bien la photo, on voit ce magnifique mouvement ondulatoire et quasiment sensuel qui nécessite normalement des semaines de répétition. Franchement, ça aurait été tellement nul de se caler sur la bordure du trottoir qui, lui, était droit !

- se taper la cloche. Je dois avertir tout d'abord qu'il n'y a rien de graveleux dans cette expression fort ancienne, et que de toutes façons la serveuse n'était pas cloche. D'ailleurs, les jolies brunes aux yeux bleus comme ça ne sont jamais cloches, surtout quand elles ont le bon goût de me traiter de "jeune homme", même que Dardovil et moi on s'est bien appliqués à faire circuler la sébile pour récolter les pourboires, et que vu le poids de la sébile à la fin, elle a dû traiter tout le monde de jeune homme, la finaude ... Cette hyène de Dardovil m’a grillé au poteau au moment d’aller lui filer son pourboire… M'enfin, la cloche, c'est normal pour un lundi de Pâques, non ?


au restaurant

Papaours qui connaît les bonnes adresses à choisi la Manivelle, sympa restau qui comporte deux salles : l'une dédiée aux voitures, l'autre aux voiliers, sauf que quand on regarde de près, il y a un voilier au milieu des voitures et lycée de Versailles. Toujours ce fameux principe d'incertitude ... Donc en entrant, on a pris la manivelle, et quand on est retournés à nos bécanes, c'était le retour de manivelle (celle là, je la mitonnais depuis lundi ...). Entre les deux on a mangé, euh …, c’était quoi déjà ? Buffet de crudités en entrée et brochettes après. Le problème, c’est que comme c’était bon, on n’a pas eu besoin de critiquer la cuisine et puis on était bien trop occupés à rigoler. Ca ne se voit pas sur les photos parce qu’on a réussi à être super sérieux juste au bon moment. De toutes façons, quand Papaours se lève, t’as intérêt à la jouer discrète…




Alors d’abord, une table de Deauvillistes, c’est aussi organisé et rationnel qu’un alignement de Deauvilles. En haut de la table, il y avait le grand Organisateur Ordonnanceur qui a dirigé cette l’opération avec l’autorité d’un vrai manager (enfin il a fait de louables efforts), Papaours, d’ailleurs on le voit sur la photo en train de faire le chèque à la fin (Nan !!! je blaaaaague !!) ; il y avait Papyyves, la sagesse, l’expérience ; il y avait Berichon et Marilyne son épouse apportant la note essentielle de respectabilité (c’est sûr qu’il ne faut pas compter sur moi pour ça). Ce conseil des quat’sages encadrait maître JC, et alors ils ont causé pendant tout le repas de sujets très édifiants, comme l’intérêt du vélo électrique et le référencement sur les moteurs de recherche, en mangeant proprement. Après, le génie des Deauvillistes a cru bon de placer en milieu de table les éléments jugés les plus dangereusement subversifs, soit Marco, Dale, Jean-Marie et moi, en leur collant comme duègne le plus terrible de nos modérateurs : Dardovil ! Et bien, là, je dois révéler que le coup a totalement foiré : Il faut en effet savoir que dès qu’Evelyne ne le surveille plus, il se lâche ! C’est nous qu’on a été obligés de le modérer sinon c’est sûr que la patronne du saloon l’aurait balancé dans l’abreuvoir … Enfin, jetons un voile pudique sur quelques scènes au souvenir insoutenable... Moralité : la prochaine fois qu’il vous remonte les bretelles, sortez votre langue de belle-mère ! Après, il y avait un autre conseil de vieux sages, avec Jean-Mi, Jothi et Pan Agile, qui ont intronisé Yffic et Tilou, son épouse Nadine et son fiston Lionel dans la confrérie des Deauvillistes.


Les incrédules pourront vérifier d’après les photos qu’on n’a bu que de l’eau, mais qu’on en a bu beaucoup (suffit de voir le nombre de verres). Evidemment, il a fallu contenir Papyyves et Dardovil qui voulaient absolument carburer au super (paraît qu’il y a dans le coin une eau de vie de pomme qui aide à rouler droit avec des Madacam 50 en fin de vie) ; depuis, ils m’en veulent à mort, mais bon … Après le café, on a fait la queue pour aller payer au comptoir et c’est là que Dale, qui pour une fois se tenait à peu près bien depuis le début, a craqué. Ca doit être parce que la patronne est du genre belle blonde et que sa chemisette bleu-Deauville le grattait qu’il a commencé à sortir une de ses blagues favorites, mais alors tu sais, sexiste !!! Et puis il en a rajouté une couche sur ma tenue de sécurité moto que d’aucuns s’accordent pourtant à trouver fort seyante, et tout fort devant les clients ! On avait l’air de quoi, je te le demande ! Hein ? Ha non, Dardovil pendant ce temps était bien trop occupé à filer son pourboire à la serveuse pour modérer quoi que ce soit, tu penses… Me suis retrouvé tout seul pour gérer la délicate situation… La galèèèèère !!!! Enfin, on a fini par se retrouver dehors, repu, re-bu et même pas perdus. On ne nous avait pas fauché nos brêles, c’était impeccable. On a redémarré les brêles, quelqu’un que je ne nommerai même pas (d’ailleurs il roule en Pan Euro) m’a sournoisement suggéré de ne pas partir avant d’avoir ôté mon U (pffff ..), et Papaours a repris les choses en main.

- Développer encore, si c’est possible, notre culture générale car, quoique motard, le Deauvilliste est connu pour la qualité de sa conversation. Au menu digestivement culturel du jour était donc prévue la visite du musée de l’automobile du village susnommé. Mais il fallait déjà y aller … Avide d’un départ d’anthologie de nature à marquer l’histoire du village, voici que d’un mouvement ample et énergique, Papaours se place derechef à l’entrée du parking, légèrement en biais. Un second arrive (mais qui était-ce déjà ???), qui percute immédiatement et se place près de lui mais décalé, puis un troisième (c’était JC), puis Mézigue, puis un cinquième (n’était-ce pas Jothi ?), et ça commence à faire un beau cordon en épi qui nous range comme des gendarmes à la parade. Attention, ça va être beau ! C’est à ce moment là que tous les autres ont rappliqué. Oh pôvre ! Tu ne le croiras pas ! Ils se sont mis en file indienne !!! Là, j’ai vu l’humidité perler au coin de l’œil de Papaours ; son rêve effondré, il a fermé l’écran d’un geste sec et Gazzzz. On a ramé pour le rattraper.

On a dû rouler un petit kilomètre, non, pas en quinconce, en file indienne, à travers le village jusqu’à l’esplanade du musée déjà fort occupée par des voitures. JC a profité du trajet pour s’adonner à son vice à lui (les TOC de webmaster, c’est spécial) : faire de grands zigzags comme s’il avait forcé sur l’eau de vie de pomme (pourtant non, preuve qu’on peut très bien s’en passer), ce qui est un tantinet interdit par le code de la route. Le gars est de surcroît récidiviste car il nous avait déjà fait ce coup là durant le trajet de liaison entre son chez lui et Lohéac ! Mais pourquoi donc qu’y fait ça ??? Je vais te dire : c’est pour retailler son pneu en rond !!! A l’arrivée devant le musée, il y a eu un moment d’hésitation, qui a donné lieu à un joli ballet interrogatif, genre escouade d’abeilles qui font des 8 à l’entrée de la ruche, et Papaours a été touché à son tour par le syndrome du motard en tribu (et re-TOC) : Il nous a installés d’autorité en plein milieu de la place, en ligne bien sûr, plutôt mieux rangés que la première fois d’ailleurs (comme quoi c’est une question d’entraînement). Cette fois, le génie des Deauvillistes, versatile comme tous les génies, a inspiré la station de repos à la verticale aux uns et sur l’angle aux autres.





Je passe rapidement sur la visite du musée, qui nous a pris deux bonnes heures, bonnes dans tous les sens du terme d’ailleurs car la collection est vraiment exceptionnelle, des tacots du début du siècle aux récentes formules 1, en passant par d’innombrables voitures de sport, de luxe ou de monsieur tout le monde, sagement rangées. Chacun a reconnu les caisses qui l’ont fait rêver quand il était môme, qu’il a gagnées aux billes dans la cour du Primaire, la R16 TS de papa que j’ai achevée un jour de neige sur le seul lampadaire du parking de la fac, celle où Papyyves était copilote dans un rallye africain, et même la voiture à pédales du fils du voisin. On se demande comment il est possible de réunir autant de pièces d’une telle qualité.




Comme chaque fois, on a eu du mal à se séparer. Certains esprits malveillants ont trouvé distrayant de se moquer du seul authentique NTViste du lieu, c’est-à-dire mézigue, par jalousie évidemment ! On a osé rire de ma calabrêle, de ma sacoche des urgences urgentes et j’en passe. Un modérateur notoirement connu sur ce forum a voulu me dépouiller de mon duvet, en qui avoir confiance après ça ??? Bref, c’était l’enfer. Mais j’ai été vengé quand on a fait la photo de famille (et quelle famille !!!...), prise par Maryline : c’est ma brêle à moi qui est au premier plan, Na !! Las, Tilou, son épouse et son fils n’y sont pas car ils ont dû nous quitter dès la fin du repas, pour un autre rendez-vous motard. Jean-Mi avait également dû s'éclipser de bonne heure. Mais ce n’est qu’un au revoir.



Pan Agile, Jean-Marie, JC, Dardovil, Claudius Antiquus, Dale, Papaours, Yffic, Papyyves, Jothi, Berichon, Marco, (dans l'ordre de la photo), Marilyne qui tient l'appareil, Jean-Mi, Lionel, Nadine etTilou, ... vous saluent bien.


PS :Un modérateur qui a l'air à cheval sur les principes ...

mais cela cache un tempérament très dissipé : là il essayait de faire des cornes à Dale mais celui-ci s'en est aperçu à temps et s'est fâché tout rouge. C'était l'inflammation de l'ami Dale.

Là, il essayait de me faucher mon duvet. J'ai l'air d'en rire mais en fait c'est un rictus affreux dû au stress et au soleil dans l'oeil. Papyyves tente un mouvement de médiation.





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Créé le 17-04-2007 à 18h42.
Modifié le 01-02-2008 à 11h58.

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